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Burkina Faso : Human Rights Watch dénonce des dizaines de civils exécutés par le Jnim

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Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) est accusé d’avoir perpétré en quelques semaines plusieurs attaques meurtrières dans le nord et l’est du Burkina Faso. Selon Human Rights Watch (HRW), ces offensives ont coûté la vie à des dizaines de civils et visé des communautés soupçonnées de soutenir l’armée.

Depuis la fin du mois de janvier, les combattants jihadistes ont intensifié leurs opérations. Ainsi, HRW rapporte qu’au moins 38 civils ont été tués, neuf femmes enlevées et de nombreux biens incendiés lors de trois attaques distinctes dans le nord-est du pays. L’ONG, qui a recueilli les témoignages de vingt personnes, dont dix rescapés, qualifie ces actes de « crimes de guerre ».

En premier lieu, le 29 janvier, neuf femmes âgées de 29 à 51 ans ont été kidnappées près du village de Sollé. Menacées de viol et de mort, elles ont finalement été relâchées le lendemain. Les assaillants les soupçonnaient d’être des épouses de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), supplétifs civils de l’armée burkinabè.

Puis, le 14 février, une attaque d’une ampleur particulière a frappé la ville de Titao, dans le nord. Au moins 34 civils ont été exécutés, tandis que des infrastructures de télécommunication ont été détruites. « Je me suis caché derrière un mur, alors que des hommes qui tentaient de fuir étaient abattus sous mes yeux », a confié un fermier de 37 ans à HRW.

Enfin, le 22 février, quatre commerçants ont été tués et leurs boutiques incendiées après l’assaut d’un poste de gendarmerie dans la ville de Manni, à l’est du pays. Pour Ilaria Allegrozzi, chercheuse spécialiste du Sahel à HRW, « la brutalité du Jnim contre les civils au Burkina Faso a été implacable ».

Ces violences s’inscrivent dans un contexte de crise sécuritaire persistante. Pour rappel, depuis 2015, le Burkina Faso est plongé dans une spirale meurtrière qui a fait des dizaines de milliers de victimes, civiles comme militaires. Plus de la moitié de ces morts ont été recensées au cours des trois dernières années, selon l’ONG Acled. Le pays, dirigé par la junte militaire d’Ibrahim Traoré depuis septembre 2022, peine à enrayer cette escalade.