
Cette arrivée survient alors que l’île caribéenne est plongée dans des pénuries de carburant, des coupures massives d’électricité et de graves perturbations dans les services essentiels, notamment les hôpitaux. Concrètement, le navire a atteint le port de Matanzas avec près de 100 000 tonnes de brut, soit environ 730 000 barils. Selon le ministère russe des Transports, cette livraison humanitaire pourrait alimenter les centrales thermoélectriques cubaines pendant près d’une semaine. Or, cette bouffée d’oxygène intervient dans un contexte où Washington a renforcé ses pressions sur les approvisionnements énergétiques de l’île. Toutefois, les États-Unis ont laissé passer cette cargaison. Donald Trump a précisé que son administration ne s’opposait pas à des livraisons ponctuelles à caractère humanitaire, estimant que les Cubains avaient besoin « de survivre ».
Depuis plusieurs mois, le réseau électrique cubain s’effondre régulièrement, provoquant de longues coupures à l’échelle nationale. À cela s’ajoutent une pénurie aiguë d’essence et de diesel, ainsi qu’un manque de produits alimentaires et de médicaments. Les répercussions sont directes : plus de 100 000 personnes, dont 11 000 enfants, attendent une opération chirurgicale dans les hôpitaux, faute d’énergie suffisante pour faire fonctionner les équipements. Dans ce contexte, l’arrivée du brut russe apparaît comme un soutien vital pour maintenir les infrastructures de base et répondre aux besoins immédiats de la population. La situation s’est aggravée après l’arrêt des livraisons vénézuéliennes consécutif à l’enlèvement du président Maduro. Par ailleurs, Washington a signé fin janvier un décret ouvrant la voie à des droits de douane contre les pays exportant du pétrole vers Cuba, accentuant encore la fragilité énergétique de l’île.
Face à cette urgence, Moscou se positionne en allié stratégique. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que la Russie considérait comme son devoir d’aider « les amis cubains », en fournissant les ressources nécessaires à la production d’électricité et au fonctionnement des services vitaux. Il a également annoncé que d’autres livraisons énergétiques étaient à l’étude. Dans le même temps, la Chine a exhorté les États-Unis à lever immédiatement leurs sanctions contre Cuba, réaffirmant son soutien à La Havane. Ainsi, l’arrivée du pétrolier russe ne se limite pas à une opération logistique, elle illustre la volonté de Moscou de maintenir une aide tangible et visible, au moment où l’île traverse l’une des crises énergétiques et humanitaires les plus sévères de son histoire récente.