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Bénin présidentielle : Une élection sous tension, huit millions de Béninois convoqués dans les urnes

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Ce dimanche 12 avril , près de huit millions de Béninois étaient appelés aux urnes pour élire le successeur de Patrice Talon.

Après deux mandats de cinq ans, le président sortant a décidé de passer le relais, tout en affichant son soutien à Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances.

D’abord, il faut rappeler que Wadagni apparaît comme le grand favori. En effet, il est crédité d’une décennie de croissance économique, malgré les menaces djihadistes dans le nord du pays. De plus, il bénéficie de l’appui des deux principaux partis au pouvoir. Cependant, le taux de participation reste un enjeu majeur. Car, après une campagne jugée terne, l’apathie des électeurs pourrait peser lourd. « Nous devons voter pour garantir un taux de participation élevé », explique Yvan Glidja, venu tôt dans un bureau de vote de Cotonou.

En revanche, l’opposition peine à mobiliser. Paul Hounkpe, son principal candidat, a mené une campagne discrète et n’a pu se présenter qu’avec l’aide de députés de la majorité. Quant au parti Les Démocrates, il est absent du scrutin, son chef n’ayant pas obtenu les soutiens nécessaires. Ainsi, certains électeurs dénoncent une élection « non inclusive ». « On ne peut pas parler de véritable compétition démocratique lorsque des acteurs clés en sont exclus », regrette Arnold Dessouassi, enseignant.

Par ailleurs, les tensions internes au sein de l’opposition ont affaibli sa cohésion. Plusieurs figures ont même rejoint la campagne de Wadagni, accentuant la frustration des électeurs. Comme le souligne l’analyste Rufin Godjo : « Les mécontents n’ont pas disparu. Les tensions restent vives. » Enfin, pour garantir la transparence du processus, l’Union européenne, l’Union africaine et la CEDEAO ont dépêché des observateurs. « Nous espérons qu’un maximum de Béninois se rendront aux urnes », a déclaré Nana Akufo-Addo, ancien président ghanéen.