
Pour ses défenseurs, cette mesure est nécessaire pour assainir le débat en ligne. Ils estiment que l’anonymat favorise trop souvent la propagation de fausses rumeurs, de discours haineux et de manipulations. Identifier chacun permettrait, selon eux, de responsabiliser les internautes et de mieux réguler les échanges numériques.
Mais de l’autre côté, les critiques sont vives. L’ancien député de la Transition, Marcel Libama, parle carrément d’« effondrement de la liberté d’expression ». Pour lui, cette ordonnance bafoue des principes démocratiques pourtant garantis par la Constitution.
La façon dont le texte a été adopté ajoute encore à la controverse. Promulgué pendant l’intersession parlementaire, il est applicable immédiatement, mais devra être présenté plus tard au Parlement pour ratification. Les députés auront donc le dernier mot, ils pourront le modifier… ou le rejeter.
Au final, le Gabon se retrouve face à une question épineuse . Jusqu’où aller dans la régulation du web sans étouffer la liberté d’expression ? Ce débat, bien au-delà des frontières gabonaises, touche à l’équilibre fragile entre sécurité numérique et droits fondamentaux.