
Selon l'organisation, les violations se multiplient sur tous les continents, impliquant aussi bien des États que des forces de sécurité ou des acteurs privés. Or, la majorité des responsables échappent encore à toute justice, ce qui alimente un sentiment d’impunité inquiétant.
Plus particulièrement, l’Afrique de l’Ouest et du Centre apparaît comme l’une des régions les plus touchées. D’une part, les crises sécuritaires, politiques et humanitaires s’y accumulent. D’autre part, les conflits armés en République démocratique du Congo, au Soudan, en Somalie, au Burkina Faso et au Mali continuent de frapper de plein fouet les populations civiles. Résultat : déplacements forcés, crimes de guerre et violences massives dont les civils restent les premières victimes.
Par ailleurs, Amnesty pointe une recrudescence des disparitions forcées, des détentions arbitraires et des actes de torture. Ces pratiques, souvent orchestrées par des forces étatiques ou des groupes armés, instaurent un climat de peur et de répression. Selon Habibatou Gologo, directrice régionale adjointe chargée des campagnes au bureau régional d’Amnesty International à Dakar, cinq grandes catégories de violations dominent :" La première, c'est la poursuite des conflits et l'impunité qui va avec. Ensuite, on a la privation des droits économiques et sociaux des populations, la restriction de l'espace civique, la persistance des violences basées sur le genre et enfin, les effets du changement climatique ", explique-t-elle. Ainsi, les répercussions sur la vie quotidienne sont considérables, surtout pour les groupes les plus vulnérables. « Les victimes des crimes les plus graves n’ont pas droit à la justice ni à des recours efficaces », insiste Habibatou Gologo.
De surcroît, la réduction de l’aide internationale accentue la crise. La suspension de certains financements, notamment par les États-Unis, a fragilisé les systèmes de santé, mettant en danger des millions de personnes atteintes du VIH ou de la tuberculose. Enfin, l’éducation n’est pas épargnée. Au Tchad et au Mali, près de 2 000 écoles ont fermé leurs portes, privant plus de 600 000 enfants d’accès à l’enseignement.