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Mali : Le président de la transition Assimi Goïta concentre le pouvoir en devenant ministre de la Défense

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Le Mali traverse une nouvelle secousse politique et sécuritaire. Le président de la transition, Assimi Goïta, déjà chef de la junte, endosse désormais le rôle de ministre de la Défense.

Cette décision, officialisée par décret ce lundi, intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des attaques djihadistes et séparatistes.

Or, ce choix n’est pas anodin. Il fait suite au décès brutal de l’ancien ministre de la Défense, Sadio Camara, tué lors d’une attaque à la voiture piégée devant son domicile. Dès lors, Goïta prend directement les rênes de l’appareil militaire, renforçant encore son emprise sur l’État. Cependant, il ne sera pas seul. Le général Oumar Diarra, ancien chef d’état-major, devient ministre délégué auprès du ministre de la Défense. Les deux décrets ont été lus sur la chaîne publique ORTM, confirmant ainsi la nouvelle architecture du pouvoir militaire.

Cette réorganisation survient alors que le pays est frappé par une série d’assauts coordonnés. En effet, les séparatistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et les djihadistes du Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont uni leurs forces. Résultat : la prise de la ville stratégique de Kidal et des combats meurtriers ayant fait au moins 23 victimes, dont des civils et des enfants, selon l’UNICEF. Par ailleurs, les assaillants avaient annoncé un blocus de Bamako, censé punir la population pour son soutien à l’armée. Toutefois, ce blocus s’est révélé partiel. Sur le terrain, les forces de sécurité décrivent une guerre d’usure : « Ils jouent au chat et à la souris avec nous », confiait un officier à l’AFP.

Ainsi, les attaques des 25 et 26 avril constituent l’assaut le plus massif contre le Mali depuis près de quinze ans. Dans ce climat de peur et d’incertitude, la décision d’Assimi Goïta de cumuler les fonctions de chef de l’État et de ministre de la Défense apparaît comme une tentative de reprendre la main. Mais elle illustre aussi, paradoxalement, la fragilité d’un pays pris en étau entre insécurité grandissante et concentration du pouvoir.