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Burkina Faso : TV5 Monde frappée par une nouvelle suspension, pour "manquements graves "

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Le couperet est tombé. Le mardi 5 mai, le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso a annoncé l’interdiction de diffusion de TV5 Monde sur son territoire.

En cause ,des « manquements graves » dans le traitement de l’actualité sécuritaire, notamment autour des attaques du 25 avril au Mali et de la lutte antiterroriste dans le pays.

Selon le communiqué officiel, la chaîne aurait multiplié les « fautes » entre avril et mai 2026, mêlant désinformation et apologie du terrorisme. Or, ce n’est pas la première fois que TV5 Monde se retrouve dans le viseur des autorités burkinabè : déjà en 2024, deux suspensions avaient été prononcées, les 27 avril et 18 juin, pour des dérapages similaires.

Mais le Burkina Faso n’est pas un cas isolé. En août 2023, le Niger avait suspendu RFI et France 24, accusées de partialité. Quelques mois plus tôt, en mars 2023, France 24 avait déjà été écartée du paysage audiovisuel burkinabè après la diffusion d’une interview jugée complaisante envers un chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. La tendance s’étend également au Mali. En mai 2025, TV5 Monde y avait été suspendue pour un reportage sur des manifestations à Bamako, considéré comme « déséquilibré » et « diffamatoire » envers les forces armées. Plus récemment, LCI et TF1 ont subi le même sort, accusées de glorification du terrorisme et de diffusion de fausses informations.

Ainsi, de Ouagadougou à Bamako, les autorités multiplient les sanctions contre les médias internationaux, qu’elles accusent de porter atteinte à la souveraineté et à la stabilité nationale. Une dynamique qui illustre, une fois encore, la tension croissante entre liberté de la presse et contrôle de l’information dans un contexte sécuritaire explosif.