Culture

Suspension du 12e Congrès de l’UNJCI : Jean-Claude Coulibaly annonce une riposte ferme

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Le ton était grave, le regard ferme et les mots soigneusement pesés. Au lendemain de la décision de justice ordonnant la suspension du 12e Congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci), son président, Jean-Claude Coulibaly, est monté au créneau. Face à la presse, le vendredi 20 février 2026, à la Maison de la presse d’Abidjan (Mpa), au Plateau, il n’a pas caché son indignation.

Mieux, il a annoncé des représailles judiciaires contre ceux qu’il accuse de ternir l’image de l’organisation. « Nous n’allons pas rester les bras croisés », a-t-il martelé, tapant du poing sur la table, dans une salle remplie de journalistes venus nombreux écouter la position officielle de la faîtière.

La veille, la justice a décidé de suspendre le 12e Congrès de l’Unjci. Une décision que le président dit avoir « prise acte », tout en exprimant une profonde amertume. À ses côtés, le 1er vice-président du Conseil d’administration, Yacouba Gbané, écoutait attentivement.

Selon Jean-Claude Coulibaly, le juge a fondé sa décision sur « un risque de trouble à l’ordre public » et sur l’existence d’une enquête menée par la Commission paritaire relative à la carte d’identité de journaliste professionnel concernant le candidat Franck Ettien.

Mais pour le président sortant, le choc est ailleurs. « Pour la première fois dans l’histoire de notre Union, nous sommes empêchés de nous réunir souverainement, aux dates fixées par nos instances, pour renouveler nos organes et débattre de l’avenir de notre organisation », a-t-il déploré.

Dans un ton mêlant déception et détermination, il a rappelé que les fondements de l’Union reposent sur la légalité, la responsabilité et le respect des textes. « L’Unjci est la maison commune des journalistes ivoiriens. Elle ne peut être fragilisée par des tensions conjoncturelles ou des divergences d’interprétation », a-t-il insisté.

Très remonté, Jean-Claude Coulibaly est revenu sur ce qu’il considère comme une répétition de scénario. « Il y a trois ans, c’était le même film. Par souci d’apaisement, nous n’avions pas porté plainte contre ceux qui nous ont calomniés. Mais cette année, nous allons réagir », a-t-il déclaré d’un ton sans équivoque.

Le président de l’Unjci affirme que certains des plaignants ayant saisi la justice ne seraient même pas membres de l’Union. Des accusations graves qui, selon lui, portent atteinte à l’honorabilité de l’organisation.

« Nous allons porter plainte contre ceux qui traînent le nom de l’Unjci dans la boue, qui portent des accusations mensongères et qui cherchent à discréditer notre institution. Nous ne pouvons plus accepter cela », a-t-il averti. Au-delà de la suspension du Congrès, il voit dans cette démarche une volonté manifeste de fragiliser l’Union de l’intérieur.

Autre point soulevé lors de cette conférence de presse, c'est le dépôt d’une plainte pénale contre le candidat du Bureau exécutif sortant, Franck Ettien. Une situation que Jean-Claude Coulibaly juge « extrêmement grave ».

Pour lui, cette escalade judiciaire est le résultat d’initiatives internes. « Le ministre de la Communication et la justice n’ont rien demandé. Ce sont des journalistes qui sont allés les saisir pour leur demander de se mêler de nos affaires », a-t-il dénoncé.

Sans accuser directement les autorités, il estime que l’intervention du juge et du ministère trouve son origine dans les divisions internes. « Nous avons des instances que nous avons librement choisies pour gérer nos différends. On parle de respect des textes, mais on refuse de respecter les décisions des organes que nous nous sommes donnés », a-t-il regretté. Dans la salle, plusieurs dizaines de journalistes suivaient avec attention ces échanges, conscients de la portée symbolique et institutionnelle de cette crise.

En clair, Jean-Claude Coulibaly a lancé un appel solennel à l’unité. Selon lui, la fragilité actuelle de l’Union ouvre la voie à des ingérences extérieures. « Il y a vingt ans, une telle décision n’aurait pas prospéré. Si aujourd’hui cela arrive, c’est parce que nous avons donné l’image d’une organisation divisée », a-t-il analysé. Pour lui, les fractures internes affaiblissent l’ensemble de la profession et exposent l’Union à toutes les tentatives de déstabilisation. « Ce n’est pas le moment de nous diviser. Si nous nous divisons, ceux qui ont intérêt à voir l’Union affaiblie atteindront leurs objectifs », a-t-il averti.

Déterminé à aller « jusqu’au bout » du mandat qui lui a été confié, il a conclu sur une note de fermeté et d’engagement : « Les journalistes m’ont donné un mandat. L’Union ne va pas mourir entre mes mains. L’Union ne mourra pas. »

Dans un contexte où la crédibilité et la cohésion de la presse ivoirienne sont mises à l’épreuve, cette sortie médiatique marque sans doute le début d’un nouveau bras de fer judiciaire et institutionnel. Reste à savoir si l’appel à l’unité sera entendu au sein de la grande famille des journalistes ivoiriens.