
Ainsi, après la défaite cuisante du Labour aux élections locales, les critiques se sont multipliées. Dernier coup dur en date : la démission fracassante de son ministre de la Santé, Wes Streeting, considéré comme son principal rival. Dans une lettre au vitriol, celui-ci a affirmé avoir « perdu confiance dans son leadership », estimant qu’il était désormais « clair » que Starmer ne mènerait pas le Labour aux prochaines législatives prévues en 2029.
Or, cette démission n’est pas isolée. En début de semaine, quatre secrétaires d’État ont également claqué la porte, tandis que 86 députés travaillistes sur 403 ont appelé ouvertement leur chef à se retirer. Autant dire que le Premier ministre se retrouve désormais sur un fil.
Comme si cela ne suffisait pas, le retour d’Angela Rayner, son ancienne numéro deux, ajoute une nouvelle complexité à la crise. Blanchie dans une affaire fiscale qui l’avait contrainte à quitter ses fonctions en septembre dernier, elle a réaffirmé ne pas vouloir « défier le Premier ministre ». Toutefois, elle l’a invité à « réfléchir » à l’éventualité d’une démission. Une déclaration qui, en creux, fragilise encore davantage son autorité.
Cependant, malgré les défections et les appels à son départ, Keir Starmer continue d’afficher sa détermination. Lors du débat suivant le discours du roi à la Chambre des communes, il a martelé sa volonté de rester à Downing Street. En coulisses, il a multiplié les échanges avec ses ministres et députés, exhortant son camp à éviter de plonger le Labour dans le chaos.
En définitive, l’avenir politique de Keir Starmer reste suspendu à un fil. Entre les pressions internes, les ambitions de ses rivaux et la colère d’une partie de son parti, la question demeure : combien de temps pourra-t-il encore tenir face à cette tempête politique ?