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Royaume-Uni : L'ex-ministre nigériane du pétrole Diezani Alison-Madueke blanchie

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Après cinq mois de procès à Londres, l'ancienne ministre nigériane du Pétrole, aussi ex-présidente de l'OPEP, Diezani Alison-Madueke, a été relaxée de six accusations de corruption par la justice britannique. Un verdict qui clôt plus de dix ans de procédures.

Ce mercredi, la justice britannique a innocenté Diezani Alison-Madueke de toutes les charges de corruption retenues contre elle, à l'issue d'un procès à la Southwark Crown Court de Londres, lancé par la National Crime Agency. Cette ancienne haute responsable, qui gérait le secteur pétrolier nigérian de 2010 à 2015 sous Goodluck Jonathan, était accusée d'avoir accepté des pots-de-vin et de s'être livrée à un complot de corruption.

Les procureurs affirmaient qu'elle menait une vie de luxe au Royaume-Uni, résidences chic, chauffeurs, jets privés, cadeaux coûteux et frais personnels payés, le tout financé par des acteurs du pétrole qui voulaient décrocher des contrats avec la compagnie nationale Nigerian National Petroleum Corporation. La défense, elle, rétorquait que ces dépenses étaient soit liées à ses fonctions, soit remboursées, et contestait la fiabilité des preuves.

Après plus de 46 heures de délibérations, les jurés ont conclu à la non-culpabilité sur les six chefs d'accusation. Deux autres accusés, Olatimbo Ayinde et Doye Agama, ont aussi été acquittés. Les charges portaient notamment sur des soupçons de corruption impliquant des intermédiaires du secteur énergétique et des paiements à des tiers.

Au sortir du verdict, Mme Alison-Madueke s'est réjouie de la fin d'une procédure qu'elle a qualifiée de « cauchemar » étalé sur plus de onze ans. Ses avocats ont critiqué les retards et les difficultés pour accéder à certaines pièces du dossier, tandis que la justice britannique a souligné la complexité des enquêtes sur les élites politiques internationales.

Cette affaire, suivie de près par les autorités britanniques, nigérianes et américaines – notamment le Département de la Justice des États-Unis – reposait sur des soupçons de blanchiment et d'attribution douteuse de contrats pétroliers. Elle avait aussi impliqué l'ancien haut responsable pétrolier Emmanuel Ibe Kachikwu et déclenché des polémiques autour de signalements de corruption.

Si ce verdict met un terme aux poursuites au Royaume-Uni, l'ancienne ministre, première femme à présider l'OPEP entre 2014 et 2015, reste mêlée à d'autres affaires internationales, notamment aux États-Unis, et a déjà vu plusieurs biens saisis au Nigeria dans le cadre d'enquêtes connexes. Elle demeure donc au cœur d'un dossier tentaculaire, symbole des difficultés à traduire en justice les élites politiques transnationales.