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France : Des dizaines de médecins hospitaliers sommés de rembourser leurs primes

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La nouvelle est tombée comme un couperet pour les médecins du Grand Hôpital de l'Est francilien, en Seine-et-Marne. Sous la pression du Trésor public, la direction a annoncé que les praticiens devraient rembourser les primes perçues pendant deux ans.

Ces primes, censées récompenser les heures supplémentaires, se transforment aujourd'hui en vraie tuile. Pour certains, la note atteint 80 000 euros. Un médecin, interviewé par Le Parisien, ne décolère pas : « Dans le privé, je travaillerais deux fois moins pour gagner trois fois plus. Je suis à l'hôpital public par choix, mais cet argent, on l'a gagné. »

Le souci, c'est que ces versements ont été faits durant des années dans les quatre établissements du groupe. Le quotidien parle d'« arrangements courants dans les déserts médicaux ». Pour le Trésor public, c'est de l'indu, de l'argent versé à tort. Résultat : fin mars, la direction a demandé aux praticiens de restituer les sommes perçues sur les 24 derniers mois. Le Figaro révèle que certains doivent rendre jusqu'à 80 000 euros.

Un médecin, père de trois enfants, doit 35 000 euros à 39 ans. Il se justifie : « Si j'ai fait autant d'heures, jusqu'à 90 par semaine, c'est que j'en avais besoin. » Un anesthésiste, sous le couvert de l'anonymat, confie à TF1 son sentiment de trahison : « Nous, on a fait le boulot. On sent qu'on a été trahi. » Lui doit rembourser 30 000 euros, alors que ces primes étaient, selon lui, prévues dans les contrats. L'établissement espère récupérer 2,7 millions d'euros au total.

Ce retournement de situation, comme le qualifie Le Figaro, concerne environ 10 % des effectifs, soit une centaine de médecins. La moitié sont des praticiens diplômés hors Union européenne (PADHUE), l'autre moitié des titulaires. Et c'est du côté des PADHUE que l'injustice est la plus flagrante : payés comme des internes, ils fournissent pourtant souvent un travail équivalent à celui des seniors, en attendant la validation de leur équivalence. Ces primes visaient justement à réduire cette précarité, mais elles ont été versées en dehors du cadre légal.

Pour l'instant, la direction assure que « personne ne rembourse quoi que ce soit », et deux recours sont devant la justice. Mais le mal est fait : l'hôpital n'a pas pu endiguer une vague de démissions, dont 40 % des radiologues, et même l'ancien chef de pôle a claqué la porte.