
Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), 907 travailleurs humanitaires ont été victimes de violences en 2025, dont 350 ont perdu la vie. C'est le deuxième bilan annuel le plus lourd jamais enregistré.
Et l'année 2026 s'annonce tout aussi sombre : depuis janvier, 82 humanitaires ont déjà été tués, 322 blessés et 235 enlevés, d'après les données de Humanitarian Outcomes.
Pour la troisième année consécutive, la bande de Gaza reste le territoire le plus meurtrier pour ces personnels. En 2025, 186 d'entre eux y ont été tués, dont 68 % dans des bombardements aériens. Au Soudan, 71 humanitaires ont également été tués, la plupart par des tirs d'armes légères. L'Ukraine, l'Éthiopie, la Syrie, Haïti, le Tchad et le Cameroun figurent aussi parmi les zones les plus dangereuses.
L'ONU pointe par ailleurs une évolution préoccupante : l'usage croissant des drones armés. Au Soudan, ces engins auraient causé 80 % des décès de civils au cours des quatre premiers mois de 2026. En Ukraine, 80 civils ont été tués par des drones au seul mois d'avril. « Les drones armés sont devenus le nouveau visage d'un vieux danger », a déclaré Tom Fletcher, le coordinateur des secours d'urgence de l'ONU, qui appelle les États à faire respecter le droit humanitaire international.
António Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a lui aussi exhorté les pays à protéger les travailleurs humanitaires. Les organisations prévoient d'ailleurs d'assister 87 millions de personnes dans le besoin extrême à travers le monde en 2026.