
Le message est tombé lundi 5 octobre 2026, à Genève, dans un communiqué de l'ONU, et il n'a rien de rassurant. Devant les experts du Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), réunis pour l'ouverture de leur 93ᵉ session, la présidente Nahla Haidar a parlé sans détour d'un « retour en force bien orchestré contre l'égalité des sexes ».
Selon elle, les droits des femmes et des filles reculent dans plusieurs régions du monde. Elle cite l'érosion des droits en matière de santé sexuelle et reproductive, le rétrécissement de l'espace civique et les attaques contre les défenseuses des droits humains. Les violences sexistes progressent aussi, dans la rue comme sur Internet. Les crises s'ajoutent les unes aux autres, et ce sont les femmes qui paient le plus lourd tribut. Conflits armés, régimes autocratiques, inégalités économiques, dérèglement climatique : Nahla Haidar a souligné que chacun de ces fléaux les frappe plus durement, et qu'ensemble ils aggravent des fragilités déjà profondes.
Dans la salle, Andrea Ori, représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, a lui aussi appelé à serrer les rangs, dans un monde de plus en plus polarisé. Il a mis en avant l'Alliance mondiale pour les droits humains, lancée le 11 juin dernier, dont l'égalité entre les femmes et les hommes est l'un des piliers. Il a aussi réclamé une modernisation des organes conventionnels de l'ONU. N otamment, des rapports d'États allégés, des dialogues mieux organisés et plus de transparence dans l'élection des experts.
Le CEDAW, qui compte 23 experts, siégera jusqu'au 30 octobre. Au programme, l'examen des rapports du Kazakhstan, des Îles Cook, du Kenya et de la République de Moldova.