
La particularité de ces neuf artistes est qu’ils sont des fils de Yopougon, commune qui abrite ce 66ème anniversaire de l'Indépendance de la Côte d'Ivoire. Leur force réside dans la diversité des genres musicaux qu’ils pratiquent. Et l’avantage de ce melting pot vocal et musical est que des mélomanes de reggae (Ismaël Isaac) en passant par le Rap (Team de Poy), la musique mandingue (Lili Djeli), le couper-décaler (Debordo Leekunfa), le tradi-moderne (Luckson Padaud), le Zouglou (VDA, Les Leaders et Lato Crespino) et la variété (Bailly Spinto) se retrouveront dans la chanson.
Enregistrée mercredi soir dans un studio d'Abidjan, sous la direction de l'arrangeur Koudou Athanase, cette chanson sera officiellement diffusée dans les prochains jours, avant l'ouverture de la Semaine de l'Indépendance à Yopougon. Les organisateurs espèrent faire de cet hymne l'une des bandes sonores marquantes de cette édition inédite de la célébration nationale.
Au niveau de la structuration musicale de cet hymne qui se veut festive, l’arrangeur Koudou Athanase a misé sur une base rythmique percussive et entraînante, portée par des sonorités traditionnelles, mêlées à des textures de production plus contemporaines proches du couper-décaler. Ce qui fait que dans la construction du morceau, on perçoit une alternance de couplets portés individuellement par chaque artiste avec de larges séquences en chœur, dans une logique d'appel-réponse chère au Zouglou et aux chants populaires ivoiriens, où la foule est appelée à reprendre en écho les refrains. La tonalité ainsi que la saveur musicale sont portées par des phrasés scandés dans des langues locales (Bété, Attié, Dioula, etc), à la manière des chants traditionnels de célébration, insérés entre les parties chantées en français pour ancrer le morceau dans un registre à la fois populaire et patrimonial.

Sur le fond, le texte déroule une trame en trois mouvements successifs. Il s'ouvre sur un hommage appuyé aux figures fondatrices de l'indépendance ivoirienne, évoquant la mémoire des artisans de la libération du pays et le poids symbolique de la date du 7 août dans le récit national. Le morceau glisse ensuite vers une célébration des couleurs du drapeau orange, blanc, vert, convoquées comme un fil conducteur visuel et émotionnel tout au long du texte, associées à des figures totémiques de l'identité ivoirienne, dont l'éléphant, symbole de force et de protection nationale. Le dernier mouvement resserre le récit sur Yopougon elle-même, présentée comme le cœur battant de la célébration à travers l'identité populaire de « Yop City ».
Fait rare pour une production musicale de ce type, le morceau s'ouvre sur une introduction parlée enregistrée par le député-maire de Yopougon, Adama Bictogo, également président du Comité d'organisation de la célébration. L'élu y adresse, en son nom propre, un message de gratitude au président Alassane Ouattara pour avoir désigné sa commune comme hôte de l'événement, avant de saluer la fierté des habitants de Yopougon à l'approche du 7 août.