
Cela fait un bon moment que Safarel Obiang ne se fait pas entendre sur le marché discographique. Toute chose qui a fait dire à plus d’un que musicalement Safarel était fini. Qu'est-ce qui s'est passé et pourquoi ce long silence ?
Personnellement, j’avais décidé de prendre une pause, une sorte de repos voulu. J’en avais vraiment besoin pour m’organiser et mieux me concentrer sur certaines choses dans ma vie. Cela parce que près de 15 à 16 ans que j’ai démarré ma carrière, je n’avais plus consacré assez de temps à ma famille. A nos débuts, on jouait beaucoup plus dans les boites de nuit, notamment pour la promo. Ce qui faisait que quand le matin, je me repose, mes enfants et ma famille eux sortaient soit pour aller à l’école soit pour vaquer à leur occupation. Pareil pour le soir où quand je sortais, eux, dormaient. C’était une situation difficile pour moi ainsi que pour les membres de ma famille. Il me fallait donc cette pause. Et tout naturellement, la décision a été prise après mon mariage. J'ai décidé de me reposer, mettre une pause carrément pour le bien-être de ma famille et de moi-même. Voilà, c'était important pour moi.

« Le couper-décaler ne peut jamais tomber »
Est-ce que cela ne pourrait-il pas s’interpréter également par le fait que le couper-décaler étant en baisse, cette petite pause s’imposait ?
Mais non ! Le couper-décaler c'est la base et l'inspiration ne peut jamais finir. On peut tout dire mais l'inspiration du couper-décaler ne peut jamais finir. En tout cas moi personnellement, de mon côté, je suis toujours inspiré. Et aucun genre musical ne peut me faire reculer. C’est vrai que la nouvelle génération démontre en ce moment qu’elle a beaucoup à donner, nous restons les maitres du game. Sinon, le couper-décaler ne peut jamais tomber. Seulement que moi, comme je le disais tantôt, j'ai voulu me reposer pendant un bon moment pour remettre un peu d'ordre dans ma vie familiale.
On s’imagine alors que le repos étant terminé, les choses ont véritablement repris d’où la sortie ce vendredi 11 septembre 2026 de votre projet ‘’Vision 360’’, n’est-ce pas ?
Effectivement ! Nous avons repris le travail et nous venons avec un album de 15 titres dont deux bonus.
« Je viens avec une nouvelle dimension »

Pourquoi avoir opté de dévoiler tout de suite un album en lieu et d’un single comme vous avez l’habitude de faire ?
Retenez que Safarel a déjà assez prouvé en matière de single. Je viens avec une nouvelle dimension parce que Safarel n’est pas un artiste à négliger. Safarel c’est quand même au moins une décennie de singles à succès. Et après une si longue période d’absence, il me fallait servir une bonne galette musicale à mes fans ainsi qu’aux mélomanes ivoiriens qui ont certainement souffert de ce vide discographique que j’ai laissé. C’est pourquoi j’ai décidé d’explorer plusieurs genres musicaux sur cet album. A travers cette nouvelle ‘’Vision 360’’, je veux permettre aux mélomanes de découvrir des facettes méconnues de moi. En clair, j’ai voulu contenter un plus large public en dehors de mon public habituel qui est le couper-décaler. Je veux ainsi prouver que je suis à l’aise avec n’importe quel genre musical.
Justement, parlant de cette diversité musicale sur ce nouvel album, on a senti ce rapprochement vers la musique congolaise dans l’un de vos titres promo. Pourquoi ce choix ?
Comme je vous l'ai dit, mon ambition à travers cet album est de proposer différents styles musicaux. Et comme vous le dites, dans le teasing que vous avez vu, effectivement, j’ai fait un mix de musique Rumba à la sauce couper-décaler. Cette façon de faire a toujours été la marque de Safarel depuis les années 2017. Pour cet album, j’ai voulu plusieurs couleurs qui n'ont rien à voir avec ce que les gens entendent généralement.
« Je vise désormais au-delà du couper-décaler »
Le couper-décaler étant depuis quelque temps en recul face au Rap Ivoire, on s’imagine que cette œuvre a été préparée avec pour ambition de faire remonter la pente à ce rythme musical créé par Douk Saga, n’est-ce pas ?
Bien sûr ! Notre ambition est de représenter la musique ivoirienne, la musique africaine et pourquoi pas la musique mondiale. Je vise désormais au-delà du couper-décaler. C’est pourquoi on retrouve presque tout dans ‘’Vision 360’’. Je me suis inspiré de tout ce qui nous entoure pour créer des rythmes et pour faire des chansons.
Généralement, Safarel, c'est le concepteur dont la musique est portée par des chorégraphies. Cela fait-il partie des colorations de l’album ?
En effet, vous verrez de très belles chorégraphies. On aura droit à plusieurs styles de chorégraphie parce que les morceaux sont différents. Mais tout le monde se retrouvera forcément dans l’album.
« Aujourd'hui, Safarel ne se prête plus trop à tout ce qui est buzz inutile comme il l’a fait des années en arrière »
A travers cet album aux parfums et arômes colorés, Safarel ne lance-t-il pas insidieusement un message fort à ses détracteurs ?
Aujourd'hui, Safarel ne se prête plus trop à tout ce qui est buzz inutile comme il l’a fait des années en arrière. Aujourd'hui, on prend un peu de l'âge et on a décidé que de s’assagir. On mise sur la maturité.
« Je ne déteste pas Didi B, j'aime Himra »
S’il est vrai que Safarel ne se prête plus à tout ce qui est buzz, pourquoi avoir choisi de prendre position pour Himra dans sa guéguerre qui l’oppose à Didi B ?
Ce n'était pas une position en tant que telle mais plutôt un choix. Les gens peuvent appeler cela comme ils l’entendent mais qu’ils sachent que je ne déteste pas Didi B, j'aime Himra. J’aime son truc, j’aime sa gnaque, sa grinta. Himra, je me sens en lui vu que notre couper-décaler, c'est ‘’en gang’’. Himra le fait si bien. J'aime ça. Et puis c'est quelqu'un que je connais depuis 2016. il venait aussi à mes prestations pour me soutenir. Sinon, Didi B est un très bon artiste. Seulement que j'ai fait un choix de musique, de vision et de dégaine. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Il y a d'autres qui ont choisi Didi B. Moi, j'ai choisi Himra. Je reconnais toutefois que Didi B est super talentueux. Mais j'aime bien l'idée de Himra.

Safarel assume-t-il ce choix de Himra ?
Bien sûr que je l'assume. Je ne me cache pas mon amour pour Himra. Je n'ai rien contre Didi B ou qui que ce soit. Himra me rappelle mes débuts dans les années 2018. La fougue que j'avais. La gnaque que j'avais et la rage que j'avais également. Je me vois en lui. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Mon goût de dégaine, mon goût de musique, c'est aussi la musique de Himra. J’adhère totalement à la personnalité de Himra.
« Himra me rappelle mes débuts dans les années 2018 »
La sortie de votre nouvel album annonce-t-elle un concert, notamment un 12 août comme cela a déjà été le cas ?
Non, je ne pense pas pouvoir utiliser encore les dates de DJ Arafat. Comme je l'ai dit il y a quelque temps en arrière, il y a beaucoup de choses qui se sont passées mais que je ne peux pas exposer ici. Nous sommes en train de régler tout ça. Le comble, il y a eu un manque de sponsors, de partenaires sur le concert ce qui a fait que tout a été fait sur fonds propres. Si l’année prochaine, les choses bougent, on pourrait faire le concert.
« Je ne sais pas pourquoi les gens voient toujours d’un mauvais œil Tina Glamour »
La collaboration avec Tina Glamour s’était-elle bien passée ?
Tina Glamour, c'est ma maman. Il n'y a jamais eu de froid ou quoi que ce soit entre nous. Elle était toujours cool avec moi. Je ne sais pas pourquoi les gens voient toujours d’un mauvais œil Tina Glamour. Elle est pourtant une maman très gentille. Me concernant, en tout cas, je n'ai pas eu de problème avec elle. Tina Glamour aime le respect, elle aime les honneurs. D’ailleurs, toutes les mamans sont pareilles. Elles aiment qu’on les honore.

Comment voyez-vous votre carrière dans cinq ou dix ans ?
Je laisse le soin à Dieu de décider. Je peux prévoir une chose et Dieu peut programmer une toute autre chose. Je préfère donc qu’il fasse son travail.
Notre entretien se tient dans votre résidence, notamment dans votre studio d’enregistrement. Safarel a-t-il finalement misé sur une plus grande structuration avec une nouvelle vision ?
Bien sûr que Safarel affiche de nouvelles ambitions et Dieu dans son infinie bonté est en train de permettre que toutes ces choses se mettent en place. Je veux aussi produire des artistes. Je suis un très bon directeur artistique aussi.
« Safarel affiche de nouvelles ambitions »
PRIMUD d’or 2019, Safarel ambitionne-t-il de se relancer dans la course cette année avec la sortie de son nouvel album ?
Bien évidemment, cela fait partie de mes projets, toutefois il appartient à M Group de Molare de faire les nominations. Si son équipe estime que je dois figurer dans les nominations, moi je suis partant.
« Je vais parler avec Molare parce que j’ai deux ou trois petits trucs à régler avec lui »
Après les différends que vous aviez eus dans le temps avec Molare à propos de votre villa, tout est-il rentré en ordre ?
Je n'ai vraiment pas envie d’en dire plus sur cette affaire. Je vais parler avec Molare parce que j’ai deux ou trois petits trucs à régler avec lui, mais en privé.

Y aurait-il encore un souci au niveau de la villa ?
Non, ça va. Mais je vais parler avec mon grand-frère. Tranquille.
Philip KLA