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Kaylie, la nouvelle voix ivoirienne de l’Afropop s’ouvre et dit tout !

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Kaylie est une artiste-chanteuse ivoirienne portée par une identité musicale à la croisée de la France et de la Côte d’Ivoire. Influencée par les sonorités africaines, pop contemporaine, R&B et influences urbaines, Kaylie a choisi de construire un univers musical à la fois féminin, sensible et moderne porté par l’Afropop. Avec déjà à son actif un single ‘’Si j’avais su’’, la chanteuse que nous avons rencontré lors de son séjour Abidjanais nous a ouvert ses portes. De ses ambitions, de ses choix, ses goûts, ses influences musicales en passant par ses modèles, Kaylie nous a transporté dans son univers.

Vous vous définissez comme la nouvelle voix ivoirienne ou sinon l’espoir de la musique Afropop. Comment est née cette passion pour la musique ? 

Le virus de la musique est arrivé très tôt chez moi, même si je n’avais pas forcément conscience à l’époque que cela deviendrait un jour un projet professionnel. Vous savez, quand on est enfant, on fait certaines choses naturellement. Enfant, je chantais, j’aimais la musique, j’aimais interpréter des chansons et surtout transmettre des émotions. Aujourd’hui, avec du recul, je me rends compte que la musique était déjà une manière pour moi de m’exprimer. Mais, à ce moment-là, devenir chanteuse ne faisait pas partie de mes priorités. Ce n’est que plus tard que l’envie d’en faire un métier est venue parce que la véritable prise de conscience est arrivée lorsque j’ai compris que je ne voulais pas seulement écouter la musique.

En plus d’écouter la musique, je voulais désormais raconter mes propres histoires à travers ce canal, cette passion. Et cela est progressivement devenu une évidence. Aujourd’hui, je considère que je n’ai pas simplement choisi la musique mais plutôt que j’ai surtout fini par accepter une partie de moi qui avait toujours été là.  

« Mon parcours artistique ne vient pas d’une tradition familiale »

Les parents étaient-ils d’accord avec votre envie de faire de la musique un métier à part entière ou c’est plutôt eux qui vous ont transmis cette fibre ? 

Mes parents n’étaient pas des artistes professionnels. Mais cela ne veut pas dire que la musique était absente de mon environnement. Mon parcours artistique ne vient pas d’une tradition familiale dans laquelle on m’aurait naturellement poussée vers la musique. C’est quelque chose qui est venu de moi. Bien que ma mère sache chanter et qu’elle chantait tout le temps dans mon enfance, mes parents avaient leur propre vision de ce qui pouvait représenter une vie stable et réussie. Contrairement à eux, au fil des ans, je me suis rendue compte que la musique occupait une place beaucoup plus importante dans ma vie. Il est clair que tout de suite, mes parents ne peuvent pas comprendre mon choix. Tout comme, à l’époque, quand j’allais à la chorale, ils ne comprenaient pas forcément que je sois si assidue et dévouée à la cause musicale. Même s’ils n’ont pas de suite validé mon choix mais aujourd’hui, ils n’ont aucun jugement négatif sur ma passion pour la musique. 

« J’ai choisi l’Afropop parce que c’est une musique qui me ressemble »

L’Afropop n’étant pas populaire en Côte d’Ivoire, qu’est-ce qui justifie votre choix pour un tel genre musical ? 

J’ai choisi l’Afropop parce que c’est une musique qui me ressemble. Je suis une artiste africaine qui évolue aussi dans un environnement européen. J’ai grandi avec différentes sonorités, différentes références et différentes façons de ressentir la musique. Je ne me reconnaissais pas forcément dans l’idée de devoir choisir entre une identité africaine et une identité plus occidentale. L’Afropop me permet justement de faire dialoguer ces univers. Dans l’Afropop, j’aime le fait qu’on puisse y avoir une base profondément africaine tout en intégrant des influences pop, R&B, urbaines ou même d’autres sonorités. Pour moi, c’est une musique qui peut être très moderne tout en gardant une âme authentique. Aussi, je ne veux pas simplement reproduire ce qui existe déjà. Je veux trouver ma propre manière de raconter des histoires avec cette matière musicale.  

« J’ai surtout fini par accepter une partie de moi qui avait toujours été là »

Quels ont été ou qui sont vos modèles dans la musique ? 

Je suis une grande fan de chanteuses à voix, notamment celles qui apportent une dimension émotionnelle forte à la façon de faire de la musique. Je pense donc à Beyoncé, Josey, ASA, Stromae et Fanny J.  

« Avec ce projet, je veux toucher différentes émotions, mais aussi explorer les différentes facettes de la femme que je suis » 

Après la sortie de votre premier single, apprend-on que vous êtes en préparation d’une nouvelle œuvre…

Effectivement, mon premier single est ‘’Si j’avais su’’. Cette œuvre marque le début d’une histoire que j’ai envie de raconter sur plusieurs autres titres. Ce single est une première porte d’entrée dans mon univers, mais il ne représente qu’une partie de ce que je prépare. Je travaille actuellement sur mon projet ‘’Thérapie’’, qui est un projet beaucoup plus personnel. Le titre n’est pas choisi au hasard aussi. Cela parce que la musique pour moi a toujours eu cette capacité à mettre des mots sur des émotions que l’on n’arrive pas forcément à exprimer autrement. Avec ce projet, je veux toucher différentes émotions, mais aussi explorer les différentes facettes de la femme que je suis. 

« Être une chanteuse à voix, pour moi, ce n’est pas seulement atteindre des notes ou faire des démonstrations vocales »

Pour vous qui aimez tant les chanteuses à voix, avez-vous la prétention de vous inscrire dans ce registre ? 

Être une chanteuse à voix, pour moi, ce n’est pas seulement atteindre des notes ou faire des démonstrations vocales. C’est être capable de faire ressentir quelque chose. Une voix doit pouvoir faire danser, séduire, faire pleurer, faire réfléchir et parfois simplement accompagner quelqu’un dans un moment de sa vie et c’est cette relation-là que je veux construire avec mon public. Je viens donc avec beaucoup d’humilité, mais aussi avec beaucoup d’ambition. Je veux représenter une génération d’artistes africaines qui n’ont pas peur d’explorer, de mélanger les influences et de regarder vers l’international tout en restant connectées à leurs racines. Donc écoutez, laissez-vous toucher par les chansons et accompagnez-moi dans cette aventure. 

« Je ne veux pas avoir peur de sortir des cases »

Et vous pensez pouvoir atteindre tous ces objectifs et ambitions ? 

Je ne veux pas avoir peur de sortir des cases. La Côte d’Ivoire possède une identité musicale extrêmement forte. Le couper-décaler, le zouglou, le zouk, les musiques urbaines et toutes les influences qui traversent la scène ivoirienne font partie de notre richesse. Mais je pense qu’une artiste ivoirienne peut aussi regarder au-delà de ses frontières. Les artistes à succès en Côte d’Ivoire le font déjà très bien. Aujourd’hui, les musiques africaines circulent énormément entre les pays et même dans les diasporas. Un son peut naître à Abidjan, rencontrer Lomé, Londres, Montréal, New-York et revenir transformé.

L’Afropop représente pour moi cette liberté de circulation. Je veux prendre ce que je suis, ce que j’ai reçu de la Côte d’Ivoire, ce que j’ai appris ailleurs, mes influences personnelles, et créer quelque chose qui m’appartient. Et si ma musique peut permettre à une personne en Côte d’Ivoire de se reconnaître dans une artiste qui touche une influence internationale, alors j’aurai déjà réussi une partie de ce que je veux construire. Je précise quand même que je pourrais vous surprendre avec des sonorités aux influences ivoiriennes, qui sait !

« Je ne veux pas arriver en disant simplement que je suis la nouvelle grande voix »

Qu’est-ce que le public et les mélomanes ivoiriens devront attendre de Kaylie ? 

Musicalement, je veux que le public puisse découvrir plusieurs couleurs de Kaylie. L’Afropop est mon fil conducteur, mais je ne veux pas m’enfermer dans une seule sonorité. J’aime aller chercher dans la pop, le R&B, l’Afrobeat, le zouk, le kompa ou encore d’autres influences africaines et contemporaines.

Je sais que notre public est exigeant, particulièrement en Côte d’Ivoire où nous avons une culture musicale extrêmement riche et où les grandes voix ont toujours occupé une place importante. Je ne veux pas arriver en disant simplement que je suis la nouvelle grande voix. Il y a des grandes voix, de purs talents. Je préfère laisser ma musique et mes performances trouver leur place dans cet environnement. 

Philip KLA

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