
Sur 60 dossiers enregistrés, seulement cinq portent les noms de femmes, confirmant ainsi la sous-représentation féminine dans la sphère politique ivoirienne.
Parmi ces dames à avoir déposé leurs candidatures, Gbeguehi Félicité Bagré, Simone Ehivet Gbagbo, Henriette Lagou, Daourou Zoh Andrée Jocelyne, Koffi Asjoua Pauline épouse Papoin et Ettien Koffi Sylvie Marie Claire.
Lors du scrutin présidentiel de 2020, trois femmes avaient tenté leur chance, mais aucune n’avait vu sa candidature validée. Cinq ans plus tard, même si elles sont un peu plus que ce nombre à franchir ce pas, dans un contexte politique marqué par de fortes tensions, elles ne demeurent mois minoritaires.
En 2020 déjà, Félix Bony, qui était le directeur éditorial de Weblogy, avait fait savoir que cette réalité s’explique par la crispation et les affrontements qui caractérisent la vie politique ivoirienne depuis plus d’une décennie.
« La vie politique en Côte d'Ivoire telle qu'elle se présente, avec toutes ses crispations, n'encourage pas les femmes à se présenter à des élections. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de femmes de valeur ou de leaders, mais elles refusent de rentrer dans des clivages qui ne leur ressemblent pas », déclarait-il dans une publication de la BBC News datant de cette période.
Un constat partagé par la sociologue Tenin Touré Diaba, qui pointe du doigt le poids de la société et des représentations culturelles. « En Afrique, la politique est souvent perçue comme un terrain de mensonge, de trahison ou de violence. Une femme qui s’y engage est rapidement taxée de mauvaise femme, parfois par sa propre famille », explique-t-elle dans le même média.
Pourtant, la législation ivoirienne encourage la participation féminine. Depuis quelques années, une loi incite les partis à inclure au moins 30 % de femmes sur leurs listes, avec à la clé un bonus financier pour ceux atteignant la parité (50 %).
Il appartient désormais au Conseil constitutionnel de valider officiellement ou non la candidature de ces six femmes, qui tenteront de défier leurs homologues masculins dans une compétition électorale à forts enjeux. Affaire à suivre donc.