
Dans une publication sur ses réseaux sociaux, le cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Steve Beko, a, dans un long post, pointé du doigt sur le "trafic illicite" en Côte d’Ivoire de conception de documents administratifs.
"En juin 2023, le Qatar alerte la Côte d’Ivoire au sujet de plusieurs ressortissants syriens tentant d'entrer sur son territoire avec des passeports Ivoiriens. Interrogés par les services de police qataris, ces individus reconnaissent leur implication dans un trafic illicite de documents administratifs Ivoiriens. Le pays du Golfe exige alors que toute la lumière soit faite rapidement sur cette affaire. Merci au Qatar pour cette vigilance", a-t-il écrit.
A le suivre, plusieurs médias tant Ivoiriens que du continent ont confirmé cette information. Et pour cause, selon lui, en 2023, Jeune Afrique dans son édition du 5 octobre 2023 a fait savoir que ce trafic porterait sur 120 000 passeports. "A titre de comparaison, cela représente approximativement la population de Ferkessédougou selon le dernier recensement", a-t-il dit. Un "phénomène" que Fabrice Lago estime ne pas être récent en Côte d’Ivoire.
Car, en 2015, le quotidien L'Inter dans son n⁰5082 du 21 mai, rapportait, à le suivre, l'arrestation, au corridor de Gagnoa, de dame Cissé Maïmouna en possession de 500 000 pièces de CNI. Cette fraude, selon Fabrice Lago, dit également confirmé dans la même année par le journal gouvernemental, Fraternité Matin. Même son de cloche pour le journal d'investigation, L'Eléphant déchaîné dans son n⁰323 du 29 mai 2015, qui a relevé un "vaste réseau de production de faux documents administratifs" en Côte d’Ivoire. "Le journal décrit un système bien structuré où sur la base de faux extraits de naissance ou de certificats de nationalité, des demandeurs, majoritairement étrangers, pouvaient obtenir une CNI en 48h contre 20 000 FCFA", rappelle-t-il.
A écouter ce cadre du Parti politique de l'opposition, "il existe un système organisé de fraude documentaire touchant le cœur même de l'identité nationale ivoirienne. Et c'est ici que la vraie question politique commence. Car le RHDP, aujourd'hui au pouvoir, a longtemps construit son discours dans l'opposition autour de la crise identitaire, de la nationalité et de la nécessité d'un état civil fiable et sécurisé. Pourquoi après plus de 15 ans de pouvoir, ce même régime n'a-t-il pas réussi à sécuriser durablement l'état civil ivoirien ? Comment expliquer que des documents aussi sensibles puissent être produits frauduleusement à une telle échelle, parfois même à partir de circuits officiels?", s'est à nouveau questionné ce membre de l'opposition.
En clair, pour Steve Beko, le débat autour de l'immigration ne doit pas rester tabou en Côte d’Ivoire. Et pour cause, à en croire les chiffres officiels parlent de 22% d'étrangers en Côte d’Ivoire. Des chiffres largement supérieurs à ceux de plusieurs pays du monde... mais dans lesquels ces questions sont souvent traitées avec rigueur.