Politique

Ppa-ci: Gbagbo ouvre le congrès le couteau entre les dents

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Quelques heures avant la tenue du premier congrès ordinaire du PPA-CI, la nouvelle est tombée, sèche et brutale. Plus de 50 cadres et militants de ce parti ont été sanctionnés. Avec interdiction formelle de prendre part à ce grand raout qui va décider de l’avenir de cette formation politique pour les prochaines années.

Le PPA-CI, parti politique ou secte ? Cette interrogation qui peut paraitre provocatrice ou sarcastique prend tout son sens avec la nouvelle annonçant la sanction et l’interdiction de participer au premier congrès du parti prévu les 14 et 15 mai 2026, sur fond de procédures disciplinaires. Ils sont une cinquantaine (53) dont les plus connus se nomment Ahoua Don Mello, Stéphane Kipré, Georges Armand Ouégnin, Prince-Arthur Dally, Blaise Lasm...

Pour l’essentiel, ils sont accusés d’avoir passé outre le mot d’ordre de boycott de l’élection présidentielle d’octobre et des législatives de décembre 2025. Le congrès constituait pourtant la tribune idéale pour leur défense. En tout cas, c’est ainsi que ça se passe dans tout parti politique digne de ce nom. Mais, pas au PPA-CI. Ils ne pourront même pas assister à la rencontre…en simples spectateurs. Hélas !  

Tout cela crée un certain malaise au sein du PPA-CI

Faut-il noter que ces sanctions s’ajoutent, pour certains d’entre eux, à la mesure de révocation des fonctions qu’ils occupaient ? Il est donc évident que tout cela crée un certain malaise au sein du PPA-CI avant le premier congrès ordinaire de cette formation, qui a débuté hier jeudi 14 pour s’achever aujourd’hui, vendredi 15 mai. Dès lors, c’est une lapalissade d’affirmer que Laurent Gbagbo et ses partisans vont à cette rencontre capitale pour leur avenir en rangs dispersés. C’est une occurrence qui peut faire craindre le pire. Souvenons-nous. En 1994, la parole avait été refusée au tribun Djéni Kobina Georges.

C’était au congrès extraordinaire d’avril 1994 du PDCI-RDA. Il était alors Secrétaire national chargé des relations avec les autres partis politiques. Parallèlement, Djéni animait la Coordination de la rénovation. Suite à ce refus, il a quitté le PDCI-RDA avec ‘’ses rénovateurs’’ pour créer le RDR la même année (septembre). Voilà pour l’histoire. Or, il est constant que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Encore que pour le cas du PPA-CI, la sanction va au-delà du simple ‘’refus de la parole’’. Puisqu’il est interdit aux mis en cause de prendre part au congrès de leur parti.   

Ils sont victimes de leur aura

Mais comment s’en étonner ? Lorsqu’on sait que c’est l’après Gbagbo qui se joue déjà et lorsqu’on regarde le profil de certains des cadres sous sanctions disciplinaires, on réalise que ces derniers sont victimes de leur aura. C’est le cas de Don Mello, de Georges Armand Ouégnin, de Stéphane Kipré, pour ne citer que les têtes fortes. Ils semblent visiblement être dans l’œil du cyclone en raison de leur capacité à être plus tard Califes à la place du Calife Gbagbo.

Toute chose qui conduit à cette situation assez curieuse qui donne le sentiment que le fondateur du PPA-CI, Laurent Gbagbo, ne décolère pas et qu’il a ouvert ce congrès le couteau entre les dents.  Ainsi, ces mesures disciplinaires qui font désordre sonnent clairement comme des règlements de comptes internes et donnent à voir l’image d’un parti divisé, déjà fragilisé avant que son fondateur ne passe la main. Si jamais, ce dernier accepte de la passer un jour.  Mais, ça, c’est une autre histoire.