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Sécurité régionale : La Côte d’Ivoire se dit prête à renouer avec le Mali et le Burkina Faso

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© Dr Abidjan continue d’assumer son partenariat stratégique avec la France
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Malgré les tensions diplomatiques qui ont marqué ces dernières années ses relations avec Bamako et Ouagadougou, la Côte d’Ivoire se dit disposée à reprendre une coopération sécuritaire avec ses voisins sahéliens afin de faire face à la menace terroriste qui continue de progresser dans la sous-région.

En marge du salon international de la défense et de la sécurité Eurosatory 2026, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a estimé mardi que la lutte contre les groupes jihadistes exigeait davantage de coordination entre les États de la région, indépendamment des divergences politiques actuelles. « Le terrorisme ne peut être vaincu par un seul État. Il faut une mutualisation des moyens, du renseignement et des forces », a déclaré le Vice-Premier ministre ivoirien dans un entretien accordé à l’AFP. Les relations entre la Côte d’Ivoire et ses voisins du nord se sont fortement dégradées depuis l’arrivée au pouvoir des régimes militaires au Mali en 2020 puis au Burkina Faso en 2022. Les nouvelles autorités de ces deux pays ont progressivement rompu avec plusieurs partenaires occidentaux, notamment la France, tout en prenant leurs distances avec certains États de la sous-région considérés comme proches de Paris.

Malgré ce contexte, Abidjan affirme ne pas fermer la porte à une reprise du dialogue sécuritaire. Téné Birahima Ouattara a notamment révélé que des discussions avaient été engagées avec le Burkina Faso en vue d’opérations conjointes contre les groupes armés opérant dans les zones frontalières. « Il y a eu un arrêt brutal de cette dynamique et depuis, il n’y a plus rien. Pourtant, ce type de partenariat reste souhaitable pour faire face efficacement au terrorisme », a-t-il souligné, se disant « sincèrement prêt » à relancer cette coopération si les autorités burkinabè et maliennes en expriment la volonté. La question est stratégique pour la Côte d’Ivoire. Si le pays n’a plus subi d’attaque terroriste meurtrière depuis 2021, la menace demeure présente à ses frontières nord, où les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, restent fortement implantés au Mali et au Burkina Faso.

La misère constitue un terrain favorable à l’implantation du terrorisme 

Pour contenir cette menace, les autorités ivoiriennes ont adopté une approche mêlant renforcement militaire et développement économique. Selon le Vice-Premier ministre et ministre de la Défense, près de 3.000 militaires sont actuellement déployés dans le nord du pays, tandis que d’importants investissements ont été réalisés dans les infrastructures et les services sociaux. « La misère constitue un terrain favorable à l’implantation du terrorisme. Nous avons donc travaillé simultanément sur la sécurité et sur le développement », a expliqué Birahima Ouattara. Interrogé sur les relations avec Paris, Téné Birahima Ouattara a également réaffirmé le caractère privilégié du partenariat entre la Côte d’Ivoire et la France dans le domaine de la défense.

La coopération avec la France est exemplaire 

Formation des forces, partage du renseignement, fourniture d’équipements : « la coopération avec la France est exemplaire », a-t-il affirmé. Cette déclaration intervient alors que plusieurs pays sahéliens ont choisi de réduire, voire de rompre, leur coopération militaire avec Paris. À contre-courant de cette évolution, Abidjan continue d’assumer son partenariat stratégique avec la France tout en appelant à une coopération régionale plus large contre une menace jihadiste qui ignore les frontières.

Yacouba Doumbia