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Emmou Sylvestre à Bacongo : "Ni les populations de Port-Bouët ne sauraient se laisser prendre à une telle forfaiture"

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Le maire de Port-Bouët, Dr Emmou Sylvestre, également cadre du PDCI-RDA, parti de l'opposition ivoirienne, hausse le ton face au ministre-gouverneur du District autonome d'Abidjan, Cissé Ibrahima dit Bacongo.

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 1er juillet 2026 sur sa page officielle, l'élu communal réfute toute implication dans les opérations de déguerpissement menées dans sa commune et met directement en cause le ministre-gouverneur, qu'il accuse de vouloir lui faire porter la responsabilité de décisions prises unilatéralement.

Cette sortie intervient alors que les vastes opérations de démolition conduites dans plusieurs quartiers d'Abidjan ont laissé des centaines de familles sans abri, notamment à Port-Bouët, en pleine saison des pluies. Une situation qui continue de susciter de vives réactions au sein de l'opinion publique.

Répondant à un courrier du District autonome d'Abidjan, Emmou Sylvestre affirme être surpris par ce qu'il considère comme une tentative de l'associer à des opérations qu'il dit avoir toujours désapprouvées. « Ni les populations de Port-Bouët, qui nous connaissent et savent ce que nous sommes capables de faire ou pas, ni l'opinion publique nationale et internationale ne sauraient se laisser prendre à une telle forfaiture, à fort relent politique », écrit-il. Il estime ainsi que les faits démontrent que ces déguerpissements ont été décidés sans concertation avec la municipalité.

Le maire rappelle également que le ministre-gouverneur avait lui-même reconnu, à plusieurs reprises, avoir conduit certaines démolitions sans solliciter l'avis des maires concernés. Pour lui, cette nouvelle correspondance vise à réécrire les responsabilités alors que les décisions relevaient exclusivement du District. Ainsi, au-delà de la question institutionnelle, Dr Emmou Sylvestre insiste sur les conséquences humaines de ces opérations. 

Il dénonce par ailleurs des déguerpissements réalisés sans mesures d'accompagnement, laissant de nombreuses familles dans une extrême précarité. « Un déguerpissement qui laisse sous des décombres des dizaines de milliers de familles, en période de grandes pluviométries et d'examen à grand tirage, est une "sale besogne" », soutient-il, reprenant une expression qu'il attribue lui-même au ministre-gouverneur.

L'édile de Port-Bouët affirme également qu'il ne partage pas la vision du District en matière d'aménagement urbain. « Nous ne saurions partager votre "souci, votre respect ou la préservation de la dignité humaine ou de la vie tout court" en jetant dans les rues des milliers de familles sans ressources et sans mesure d'accompagnement », poursuit-il, tout en appelant les autorités à faire preuve de davantage de compassion envers les populations touchées.

Dans sa déclaration, le maire met en avant l'approche privilégiée par son conseil municipal. Plutôt que des déguerpissements systématiques, la commune dit avoir engagé un processus de restructuration et de régularisation des quartiers précaires avec l'appui du BNETD et sous le contrôle du ministère en charge de la Construction, afin de permettre aux habitants d'améliorer durablement leurs conditions de vie et d'accéder à des titres fonciers.

Enfin, Emmou Sylvestre réaffirme sa solidarité avec les victimes des démolitions de Port-Bouët, mais aussi avec celles de Yopougon-Gesco, Attécoubé-Boribana, du Plateau et d'Adjamé-Village. Non sans inviter le District autonome d'Abidjan à privilégier le dialogue institutionnel avec les communes et à mettre rapidement en place des mesures de prise en charge pour les nombreuses familles qui se retrouvent aujourd'hui sans logement.