
Au terme de leurs réflexions, un collectif d’organisations de la société civile qui se sont réunies, le 3 juillet dernier, dans un réceptif hôtelier, à Cocody, dans le cadre de la mise en place du nouvel organe électoral en remplacement de la défunte CEI, ont proposé une entité comprenant trois branches, dans un livret blanc. En lieu et place de la Commission Electorale Indépendante (CEI), ce collectif de 1 780 organisations de la société civile, engagées dans la gouvernance démocratique, a proposé la mise en place d’un organe composé de trois branches. Il est le fruit d’un dialogue multi-acteurs. Ledit organe est contenu dans un livret blanc élaboré au terme des réflexions.
Une structure axée sur trois pieds
A l’instar de la proposition faite par le gouvernement, le dispositif électoral élaboré par ces associations de la société civile est basé sur trois branches. Composée de neuf personnalités qualifiées, la première branche de cet organe sera chargée d’élaborer les orientations stratégiques. Ces personnalités auront un mandat unique de six ans, non renouvelable. Cette commission intégrerait notamment des représentants du parti au pouvoir et de l’opposition, sélectionnés sur la base de leur expertise en matière électorale.
La seconde branche sera un département général du fichier électoral, chargé de la gestion technique, de la mise à jour, de l’audit et de la révision permanente de la liste électorale. Ses responsables seraient recrutés par appel public à candidatures, afin de garantir la compétence et la transparence des élections. Le collectif des 1 780 organisations de la société civile, conduit par Anne Nadège Assahon, membre du Centre Ahou, a consacré la troisième composante à l’éducation civique et électorale. Sa mission sera de renforcer la sensibilisation des citoyens, en particulier des jeunes, des femmes et des personnes en situation de handicap, afin d’améliorer leur participation au processus électoral. Selon Anne Nadège Assahon, la principale innovation, au regard de la proposition faite par eux, se situe dans la séparation des responsabilités stratégiques, techniques et pédagogiques. Une telle organisation, à ses yeux, permettra de professionnaliser davantage la gouvernance électorale, tout en renforçant son indépendance.
Le livret blanc sera transmis au gouvernement et à l’Assemblée nationale
Une révision annuelle transparente de la liste électorale avec, à terme, un enregistrement permanent, la numérisation sécurisée des procès-verbaux et de la proclamation des résultats, la publication de résultats désagrégés par sexe et par âge, le renforcement de la communication institutionnelle, la lutte contre la désinformation, la formation des journalistes ainsi que l’instauration de cadres permanents de dialogue politique font partie intégrante, entre autres, des propositions contenues dans le livret blanc. Les organisateurs prévoient de le remettre au gouvernement, à l’Assemblée nationale, afin que leurs propositions soient prises en compte au cours des discussions en cours concernant la mise en place du nouveau dispositif électoral.