
Au cœur de cette correspondance figure une différence de chiffres concernant les emplois attribués à la stratégie "Sublime Côte d'Ivoire" (2018-2025). Selon le bilan présenté le 11 juin 2026 lors de la rentrée solennelle du Conseil national du tourisme, cette politique aurait permis de générer 675 000 emplois directs et indirects.
Quelques semaines plus tard, le directeur de la Communication et de la Documentation du ministère, Christian Bohouman, a pour sa part déclaré que "plus de 560 000 emplois ont été créés" depuis la mise en œuvre de cette stratégie.
Pour l'auteur de la lettre, cet écart de 115 000 emplois appelle des explications. Il estime que les notions "d'emplois générés" et "d'emplois créés" ne recouvrent pas nécessairement la même réalité économique et regrette qu'aucune précision méthodologique n'ait été apportée par le ministère. Fabrice Lago s'est interrogé également sur la nature des emplois pris en compte. Il rappelle qu'avant même le lancement de la stratégie touristique, le secteur revendiquait déjà près de 270 000 emplois.
Dès lors, il demande si les 675 000 emplois correspondent au volume total soutenu par le tourisme ou aux emplois supplémentaires enregistrés depuis 2018. En clair, dans sa lettre, ce cadre du PPA-CI soulève en outre des interrogations sur la méthodologie utilisée pour établir ces données. Il regrette que les critères de calcul, les hypothèses retenues ou encore la répartition entre emplois directs, indirects, induits, formels et informels ne soient pas rendus publics, rendant toute vérification indépendante difficile.
Le cadre du PPA-CI relève enfin une autre incohérence apparente concernant les performances économiques du secteur. Alors que le ministère affirme que le tourisme a généré plus de 1 100 milliards de FCFA de recettes représentant 8,7 % du PIB national, il estime que ce montant correspondrait plutôt à environ 2 % du PIB ivoirien. Il invite ainsi le ministre Siandou Fofana à préciser si les recettes directes et la contribution globale du secteur à l'économie ont été calculées selon des méthodes distinctes.
Tout en reconnaissant l'importance du tourisme dans le développement économique de la Côte d'Ivoire, Fabrice Lago estime que la publication d'une méthodologie claire et vérifiable constitue, selon lui, une exigence de transparence indispensable à la crédibilité des statistiques publiques.