
Selon lui, le silence observé jusqu'ici par son camp n'avait rien d'un aveu de culpabilité, mais visait à laisser le temps à la réconciliation nationale de faire son œuvre. « Nous nous sommes tus pour donner le temps à la réconciliation. Nous avons fait profil bas pour que les cœurs échauffés s'apaisent », a-t-il expliqué, regrettant que cette discrétion ait pu être interprétée comme un refus d'assumer le passé.
L'ancien chef rebelle rappelle avoir déjà consacré un livre à son parcours, intitulé Pourquoi je suis devenu un rebelle, et affirme que sa démarche ne remet nullement en cause son engagement pour la paix. « Nous n'allons pas déroger à notre volonté de réconciliation et de construction de la nation », a-t-il insisté, tout en prévenant qu'il n'est pas question pour autant d'effacer la mémoire des événements.
C'est précisément l'objectif affiché de ces colloques annuels, rétablir une version des faits qu'il juge aujourd'hui déformée.
Guillaume Soro dénonce ce qu'il perçoit comme une réécriture de l'histoire de son vivant. « On n'est même pas encore mort, et on nous fait dire des choses inexactes », a-t-il lancé, rejetant l'idée selon laquelle le déclenchement du conflit aurait été le fait d'un simple « troupeau de drogués » ou d'hommes livrés à la folie. " On veut nous faire croire que la guerre est venue comme ça que y'avait un troupeau de drogués, de fous qui se sont levés et qui ont commencé à tirer dans le pays. Mais si c'était ça, rapidement on aurait été chassé du nord de la Côte d'Ivoire, et pourtant nous avons été dans ce pays la Côte d'Ivoire. " a laissé entendre.