
La présidente du Mouvement des générations capables (MGC), Simone Ehivet Gbagbo, a lancé un vibrant appel au président Alassane Ouattara et au gouvernement du Premier ministre Robert Beugré Mambé. "Ouvrez sans délai un véritable dialogue avec l'opposition et la société civile. Asseyons-nous, discutons et construisons ensemble un organe électoral impartial, crédible et transparent pour préserver la paix et la vie de nos concitoyens", a-t-elle lancé du haut de la tribune. On l'aura compris, cette rencontre avait pour objet d'inviter le gouvernement à accepter le dialogue politique réclamé depuis des semaines par les partis et groupements politiques de l'opposition.
Ainsi, Simone Gbagbo qui a pris part à la dernière élection présidentielle face au président Ouattara, Ahoua Don Mello et Jean-Louis Billon, estime urgent d'échanger, de discuter et de dialoguer avec le parti au pouvoir. Car, pour elle, "nous devons tirer les leçons de ces expériences passées". "Nous devons donc échanger entre nous pour affiner la pratique, expérimenter, corriger, améliorer jusqu'à trouver la formule qui s'établira comme coutume opératoire dans la paix, la sécurité, la justice et la transparence. Or, le mercredi 14 octobre dernier, le gouvernement, par la voix de son porte-parole, a rejeté l'appel au dialogue politique lancé par l'opposition", a-t-elle expliqué.
En clair, pour l'ancienne Première dame de Côte d'Ivoire, la sortie du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, ne montre pas les signes annonciateurs d'un possible dialogue entre le gouvernement et l'opposition. "Tout porte à croire qu'aujourd'hui, le pouvoir a choisi de fermer la porte au dialogue. Nous, nous disons que ce n'est pas la bonne voie. Le dialogue est une urgence absolue pour diverses raisons. Nous en relèverons trois. Premièrement, le dialogue pour sauver des vies humaines ; deuxièmement, le dialogue est au cœur de notre identité et notre culture ; et troisièmement, la légalité ne suffit pas, il faut la légitimité", a-t-elle expliqué lors de cette rencontre à laquelle plusieurs journalistes étaient conviés.
La présidente du MGC a laissé entendre que si le régime d'Abidjan estime que les institutions fonctionnent parfaitement, la mise en place d'un dialogue ne devrait pas poser de problème. Car, à la suivre, "l'âme de la nation ivoirienne est encore à bâtir". Il ne faut donc pas avoir peur, a-t-elle ajouté, de la forger ensemble.
"Pour qu'une élection soit apaisée, il faut que tous les acteurs aient confiance dans les règles du jeu. Et cette confiance ne s'impose pas par la force administrative. Elle se construit autour d'une table, dans la transparence. Le dialogue que nous demandons n'est ni une faiblesse, ni un caprice de l'opposition, ni une revendication puérile. Le dialogue que nous demandons est un acte de responsabilité civique et un devoir envers le peuple ivoirien", a-t-elle indiqué.
Et Simone Ehivet Gbagbo d'insister : au nom du groupement initiateur du projet du HCE, de la CAP-CI et de l'ADCI, nous lançons à nouveau un appel solennel au président de la République et au gouvernement pour ce dialogue politique. Cet énième appel sera-t-il cette fois entendu ? La question aura sa réponse dans les prochains jours, certainement.