Santé

Hantavirus : Karine Lacombe, infectiologue « il n'y a aucune raison de mettre en place des gestes barrières à ce stade »

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Hantavirus , entre vigilance et rassurances, la France sur ses gardes .Alors que le spectre du Covid-19 plane encore dans les mémoires, l’apparition de cas liés à l’hantavirus ravive les inquiétudes. Pourtant, les spécialistes se veulent rassurants.

Le gouvernement a annoncé un durcissement des règles de quarantaine pour tous les cas contacts. Une mesure qui peut sembler alarmante. Toutefois, l’infectiologue Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP), rappelle que «le virus ne circule pas» et qu’il n’y a «aucune raison de mettre en place les gestes barrières» à ce stade.

Ces images de combinaisons blanches et d’isolements stricts rappellent immanquablement les premières heures de la pandémie de Covid-19. Pourtant, selon les experts, la situation est différente. Cinq Français, passagers du navire de croisière MV Hondius où le foyer a été détecté, ont été placés à l’hôpital Bichat. Mais, insiste Karine Lacombe, «il n’y a pas lieu de porter un masque ni de mettre en place des gestes barrières pour cette infection».

En outre, elle souligne que cette crise illustre «les leçons tirées du Covid» au niveau international. Autrement dit, les autorités sanitaires semblent mieux préparées et plus réactives. Cependant, la prudence reste de mise. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a rappelé que «le travail n’est pas fini». En effet, compte tenu de la longue période d’incubation du virus, « d’autres cas pourraient apparaître dans les semaines à venir».

Dans la foulée, le ministre Sébastien Lecornu a confirmé que «tous les cas contacts, sans exception» seraient désormais soumis à une quarantaine renforcée en milieu hospitalier. Illustration concrète : un cas contact identifié à Concarneau a été transféré au CHU de Rennes pour isolement. À ce jour, vingt-deux Français ont été recensés comme cas contacts, répartis entre deux vols internationaux fin avril.

Ainsi, si la menace reste contenue, la stratégie adoptée par les autorités traduit une volonté claire : anticiper plutôt que subir. Entre vigilance et rassurances, la France avance sur une ligne de crête, déterminée à ne pas revivre les erreurs du passé.