
Roger Kamba, le ministre de la Santé publique en RDC, s’est rendu à Bunia, dans l’est du pays, pour suivre de près la riposte contre Ebola. Lors d’une conférence de presse le soir du 29 mai, il a annoncé une nette amélioration des capacités de dépistage dans la province d’Ituri, épicentre de l’épidémie dans le nord-est. Interrogé sur les mesures prises par le gouvernement, il s’est dit « plutôt satisfait », ajoutant qu’« à partir de demain (30 mai), on devrait voir de moins en moins de cas suspects et de plus en plus de cas confirmés ». Il a précisé qu’il y avait actuellement 1 028 cas suspects, soit plus que les 906 annoncés la veille. Mais il a tenu à rassurer : « Les chiffres sont pratiquement stables », et a souligné une « amélioration significative » des labos, qui permettra bientôt de « donner des chiffres plus précis sur le nombre réel de cas d’Ebola », aujourd’hui fixé à 225 confirmés.
Des malades sur la voie de la guérison
À propos des cas confirmés, Roger Kamba a expliqué que « certains sont malheureusement décédés, mais d’autres sont en train de guérir ». Il a même ajouté : « On pourrait annoncer dès demain ou après-demain au moins cinq guérisons », précisant qu’un premier test chez ces patients était négatif, et qu’un second test devait confirmer leur rétablissement. Le ministre a aussi noté que leur état clinique était rassurant. Côté propagation, il a assuré que le virus ne s’était pas étendu au-delà des provinces déjà touchées. « Les données actuelles montrent dix zones de santé affectées en Ituri, trois au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu », a-t-il indiqué.
Des croyances locales freinent la riposte
Selon Roger Kamba, la lutte contre Ebola est entravée par une forte résistance dans certaines communautés, due à des croyances locales et à une méconnaissance des gestes de prévention. Il a expliqué aux journalistes que les autorités cherchaient à comprendre pourquoi plusieurs décès liés au virus n’avaient pas été signalés aux services médicaux. D’après des élus locaux de l’Ituri, des familles auraient cru à des empoisonnements. « Cette perception a poussé beaucoup de familles à utiliser des remèdes traditionnels contre un prétendu poison plutôt que d’aller dans les centres de santé », a déploré le ministre. Il a aussi évoqué ce qu’il a appelé une « psychose » autour d’un cercueil utilisé lors des funérailles du premier patient décédé le 27 avril. Selon certaines croyances, le fait de remplacer puis d’incinérer ce cercueil aurait provoqué une « vengeance mystique » contre ceux qui ont participé aux funérailles ou à sa destruction. Le ministre a regretté que ces croyances aient retardé « l’alerte précoce », pourtant cruciale en cas d’épidémie.
À noter que le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, est actuellement en RDC et devrait se rendre à Bunia ce 30 mai pour voir les efforts en cours. Il avait récemment appelé les groupes armés de la région à un cessez-le-feu pour permettre au personnel médical d’atteindre la population et stopper la propagation de la maladie, qui a déjà fait 246 morts selon le dernier bilan.