Santé

Ebola : La RDC lance un essai clinique pour tester deux traitements contre la souche Bundibugyo

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La RDC a lancé un essai clinique le 2 juillet pour tester deux traitements contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. Coordonné par les autorités congolaises avec l’OMS, cet essai arrive alors que l’épidémie continue de s’étendre : on dénombre déjà plus de 1 400 cas et 438 décès.

La République démocratique du Congo vient de franchir une nouvelle étape dans la lutte contre Ebola. Le 2 juillet, elle a lancé un essai clinique sur deux traitements potentiels pour la souche Bundibugyo, une variante rare du virus pour laquelle il n’existe encore ni vaccin ni traitement approuvé. L’étude, baptisée PARTNERS, est pilotée par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de la RDC, avec l’appui d’une coalition de partenaires internationaux, dont l’OMS. Le premier patient a déjà été recruté, ce qui marque le début officiel des tests. L’idée est de vérifier l’efficacité et la sécurité de deux approches : un anticorps monoclonal appelé MBP134 et un antiviral nommé remdesivir, utilisés seuls ou ensemble. Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a précisé que les participants bénéficieraient de soins complets et d’un suivi rapproché. Il a aussi promis que les autorités et leurs partenaires feraient tout pour rendre ces traitements accessibles si leur efficacité était confirmée.

D’après les autorités congolaises, 1 406 cas et 438 décès ont été recensés depuis la déclaration officielle de cette 17e épidémie d’Ebola en RDC, le 15 mai dernier. Cela représente un taux de létalité de 31,2 %. L’OMS souligne que la transmission reste active, avec une moyenne de 38 nouveaux cas confirmés chaque jour ces deux dernières semaines. Face à cette progression, les moyens de diagnostic et de soins ont été renforcés. Dix laboratoires sont désormais capables de détecter le virus dans le pays, et le suivi des contacts couvre environ quatre personnes sur cinq identifiées. Les infrastructures médicales ont aussi été améliorées : environ 650 lits sont répartis dans 22 centres de santé, et près de 96 % d’entre eux sont déjà occupés. Environ 300 lits supplémentaires sont en cours de déploiement pour faire face à l’afflux de patients.

Malgré ces progrès, la réponse sanitaire reste confrontée à de sérieux obstacles. L’OMS déplore notamment la méfiance envers les équipes médicales et des actes de violence qui perturbent les opérations sur le terrain. Cette semaine, un centre de traitement Ebola a été attaqué dans la province d’Ituri. L’attaque a fait deux morts, incendié les installations et poussé plusieurs patients à s’enfuir. Pour l’OMS, ces violences nuisent aux efforts pour contenir l’épidémie, protéger les populations et sauver des vies. Afin de mieux coordonner la réponse internationale, les Nations unies ont nommé Julien Harneis comme coordinateur principal pour Ebola. Par ailleurs, l’OMS a accordé une autorisation d’utilisation d’urgence au premier test moléculaire de diagnostic conçu spécialement pour détecter la souche Bundibugyo, une avancée qui devrait accélérer l’identification des cas et améliorer la surveillance de l’épidémie.