Santé

RDC : Des agents de la riposte contre Ebola manifestent pour réclamer leur paie

rdc-des-agents-de-la-riposte-contre-ebola-manifestent-pour-reclamer-leur-paie
© Droits réservés
PARTAGEZ
Le 9 juillet, à Bunia, dans le nord-est de la RDC, des dizaines d'agents mobilisés contre l'épidémie d'Ebola ont manifesté. Ils dénoncent des retards de paiement et des indemnités trop faibles.

Les autorités admettent des problèmes administratifs, pendant que l'épidémie continue de s'étendre. Des agents engagés dans la lutte contre Ebola ont manifesté le 9 juillet devant trois centres de traitement à Bunia, chef-lieu de l'Ituri, épicentre de l'épidémie qui touche le nord-est de la RDC. Les protestataires disent ne pas avoir reçu tout ce qui leur est dû depuis le début de l'épidémie, confirmée le 15 mai. Des rassemblements ont eu lieu devant le Centre médical évangélique (CME) et les centres Elikya et Salama. La police est intervenue pour disperser une des manifestations, devant le CME.

Selon les derniers chiffres du gouvernement congolais, publiés le 8 juillet, l'épidémie a infecté 1 759 personnes et causé 600 décès confirmés en moins de deux mois. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué cette semaine que la transmission de cette forme rare d'Ebola se poursuivait. La maladie a un taux de mortalité entre 30 % et 50 % et il n'existe ni vaccin ni traitement curatif. Des problèmes administratifs Face aux protestations, le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a reconnu des difficultés dans la gestion des ressources humaines de la riposte, surtout pour mettre à jour les listes des personnels à payer.

Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a annoncé travailler avec les autorités congolaises pour accélérer les paiements aux personnels de terrain. Son responsable, Wessam Mankoula, a précisé que l'institution avait donné environ deux millions de dollars à la RDC pour soutenir la lutte contre Ebola, une partie de cette somme pouvant servir à régler les arriérés. Selon un responsable sanitaire congolais qui a requis l'anonymat, des discussions sont en cours avec les agents qui menacent de faire grève, mais aucun mouvement de cessation du travail n'a encore été officiellement lancé.

Dans une lettre datée du 5 juillet et adressée au gouverneur de l'Ituri et aux autorités sanitaires, les agents dénoncent le non-paiement des prestations effectuées depuis le début de l'épidémie. Ils estiment que cette situation les met dans de graves difficultés socio-économiques. Les signataires demandent aussi une revalorisation des indemnités journalières, qu'ils jugent insuffisantes par rapport aux risques et à la charge de travail. Ils réclament enfin la suppression des retenues fiscales sur ces indemnités, qu'ils considèrent comme des primes et non comme des salaires.