
La cérémonie s’est déroulée à la préfecture de police de Man, en présence du sous-préfet Yocoli Vincent, qui représentait le préfet de la région du Tonkpi. Juste après, des contrôles ont été menés dans plusieurs bars, maquis et restaurants de la ville. « Au nom du préfet, j’ai l’honneur de lancer cette phase de sensibilisation, mais surtout de répression de l’interdiction de fumer dans les espaces publics », a déclaré M. Yocoli. Il a insisté pour que les services concernés appliquent la loi : « Il faut sensibiliser, c’est la phase préventive. Mais il faut aussi réprimer quand les gens ne respectent pas les règles édictées pour leur bien. » Selon lui, tous les contrevenants doivent répondre de leurs actes.
Pour Konan Elodie, économiste de la santé au Programme national de lutte contre le tabagisme (PNLTA), cette action repose sur un décret de 2012, révisé en 2025 pour intégrer les nouveaux produits du tabac. « Aujourd’hui, il est interdit de fumer non seulement la cigarette, mais aussi tous les nouveaux produits du tabac dans les lieux publics. Et il n’est plus permis d’aménager un espace fumeur dans un lieu public », a-t-elle rappelé. Elle a précisé que l’opération se déroule en même temps dans plusieurs villes : Abidjan, Yamoussoukro, Korhogo et Bouaké.
Vendredi soir, les équipes ,composées d’agents de santé et de policiers ,ont inspecté des bars, maquis et restaurants du centre-ville de Man, ainsi que dans les quartiers Doytagouiné 1, Gbêpleu, Domoraud, Sari et Grand Gbapleu.
Résultat , beaucoup d’établissements ne respectaient pas les règles. Les agents ont collé des affiches du PNLTA là où il n’y en avait pas, et ont saisi quelques chichas. Ils ont aussi constaté des récidives dans des lieux déjà visités lors de missions précédentes. « Dans certains endroits, les affiches qu’on avait installées avaient été retirées ou déchirées », a déploré Mme Konan. Face à cette situation, elle a annoncé un renforcement des contrôles et des sanctions. « La police passe désormais à la phase répressive. Si on trouve un espace où les clients fument tous, peu importe le produit, le tenancier sera sanctionné et on saisira la marchandise », a-t-elle prévenu.
Les propriétaires et gérants ont été mis en demeure de faire respecter l’interdiction. En cas de récidive, ils risquent l’interpellation, voire la fermeture de leur établissement. Mme Konan a aussi appelé les jeunes à arrêter la chicha et les cigarettes électroniques.
Cette opération fait suite aux actions menées à Man depuis février 2025 pour renforcer l’application de l’interdiction de fumer. À l’époque, les autorités avaient déjà rappelé aux responsables des lieux publics leur obligation d’informer leur clientèle. Selon l’Enquête démographique et de santé de 2021, 16 % des habitants de Man fument, contre 12 % au niveau national. En Côte d’Ivoire, le tabagisme tue plus de 5 000 personnes chaque année.