Santé

Korhogo : La chasse aux fumeurs s'intensifie dans les lieux publics

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Lundi 3 août, les autorités sanitaires et administratives de Korhogo ont passé la vitesse supérieure dans la lutte contre le tabac. Objectif : faire respecter l'interdiction de fumer dans les espaces publics, une mesure phare de la politique nationale de lutte contre le tabagisme. Des visites de contrôle renforcées sont désormais menées, avec, à la clé, des sanctions pour les récalcitrants.

Cette opération entre dans le cadre d'un projet du ministère de la Santé, piloté par le Programme national de lutte contre le tabagisme, l'alcoolisme, la toxicomanie et les autres addictions (PNLTA).

Le secrétaire général de préfecture, Digbé Dahié Romain, qui présidait la cérémonie de lancement, a rappelé que la santé des populations reste une priorité absolue. « Le tabac est l'une des premières causes évitables de maladies et de décès dans notre pays. Personne n'est à l'abri, ni les fumeurs, ni ceux qui les côtoient », a-t-il martelé.

Il a également souligné que la Côte d'Ivoire dispose d'un arsenal juridique solide : la loi du 23 juillet 2019, complétée par un décret de 2012, et surtout le décret n°2025-42 du 15 janvier 2025. Ce dernier interdit de fumer dans les lieux publics, les lieux de travail et les transports en commun, tout en élargissant l'interdiction à la chicha, aux cigarettes électroniques et au tabac chauffé.

Après des années de sensibilisation, le message est clair : place désormais à la fermeté. « Il est temps de passer à une phase plus musclée, celle du contrôle et, si nécessaire, de la répression », a insisté le secrétaire général. Il a invité les responsables de bars, maquis, restaurants, hôtels et autres établissements ouverts au public à veiller au respect de l'interdiction dans leurs locaux. Fumeurs et exploitants qui tolèrent ces pratiques s'exposent aux sanctions prévues par la loi.

Le Dr Koffi Nestor, chef de mission du PNLTA, a tenu à lever toute ambiguïté : l'objectif n'est pas de dire aux gens d'arrêter de fumer, mais de protéger ceux qui ne fument pas. « On ne dit à personne de ne pas fumer. On demande simplement que les non-fumeurs soient protégés contre la fumée. Si vous voulez fumer, faites-le dans un endroit où vous ne mettez personne en danger », a-t-il expliqué.

Le médecin a aussi rappelé que la Côte d'Ivoire applique les recommandations de la Convention-cadre de l'Organisation mondiale de la santé, qu'elle a ratifiée, pour réduire les dégâts du tabagisme actif et passif.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le tabac provoque plus de 5 000 décès par an en Côte d'Ivoire, selon le ministère de la Santé. Chez les jeunes de 13 à 15 ans, la prévalence du tabagisme atteint 11,6 %, et près de la moitié d'entre eux (47,5 %) sont exposés à la fumée dans les lieux publics.

Dès la fin de la cérémonie, des équipes mixtes composées de personnels de santé, de forces de défense et de sécurité et de représentants de l'administration préfectorale ont sillonné les bars, maquis, restaurants et autres lieux publics de Korhogo. Objectif : vérifier que la règle est respectée, sensibiliser les gérants et, le cas échéant, verbaliser les contrevenants.