
Selon M. Maurice KOUASSI, maïeuticien et auteur, Président de l'ONG Océan de Vie, spécialiste en Santé & Environnement a fait des l’éclairages sur la réforme de l’INFAS. Concrètement, qu’est-ce que ça change ? D’abord, la pratique va prendre une place bien plus importante. Avec des structures hospitalières qui leur sont propres, les étudiants, infirmiers, sages-femmes, maïeuticiens, techniciens de santé, pourront multiplier les stages dans un cadre directement lié à leur école. Fini l’éternel casse-tête pour trouver des lieux de stage.
Ensuite, l’encadrement devrait être nettement plus suivi. Enseignants et soignants seront amenés à collaborer de façon beaucoup plus étroite, ce qui permettra de vérifier régulièrement que les gestes techniques sont bien maîtrisés. Côté équipements, ce nouveau statut est aussi une porte ouverte. Il deviendra plus facile d’investir dans des laboratoires modernes, des salles de simulation et des outils pédagogiques à la pointe. Un vrai plus pour apprendre dans des conditions proches du réel. La recherche, elle aussi, pourrait y gagner. En devenant un établissement hospitalier, l’INFAS aura davantage de moyens pour développer ses activités scientifiques, et les étudiants profiteront d’un enseignement nourri des dernières avancées.
Autre avantage non négligeable : la capacité d’adaptation. Les formations pourront évoluer plus rapidement en fonction des priorités du pays, qu’il s’agisse de la santé maternelle, des urgences ou encore de la lutte contre les maladies infectieuses. Et puis, il ne faut pas l’oublier, cette réforme pousse à une vraie professionnalisation. Les étudiants seront plongés dans le concret dès leur formation, et pourront développer non seulement des compétences techniques, mais aussi relationnelles et éthiques, bien avant d’obtenir leur diplôme d’État.
Cependant, il a souligné à ne pas tout attendre de ce seul changement de statut. Ce serait une erreur de croire que la baguette magique existe. La qualité de la formation dépendra aussi du recrutement et de la formation continue des enseignants, de l’application effective du système LMD, et bien sûr des moyens financiers et matériels qui seront réellement débloqués.
Au final, ce décret ouvre une belle opportunité : celle de rapprocher enfin l’école de l’hôpital et de renforcer les compétences de ceux qui prendront soin de nous demain. Encore faut-il que les mesures d’accompagnement soient à la hauteur. C’est là tout l’enjeu.