
Depuis le 18 février 2026, des mortalités inhabituelles de lapins ont été observées dans plusieurs élevages de la commune d’Adzopé. Très vite, l’alerte a été donnée et, dès le 21 février, les services vétérinaires ont dépêché une mission sur le terrain.
Des prélèvements biologiques ont été réalisés puis transmis au Laboratoire National d’Appui au Développement Agricole (LANADA). Or, les résultats rendus le 26 février ont confirmé les craintes : il s’agit bien de la Maladie Hémorragique du Lapin (MHL), une infection virale hautement contagieuse. Cette pathologie, qui touche aussi bien les lapins domestiques que sauvages, peut décimer jusqu’à 90 à 100 % d’un cheptel en quelques jours. Toutefois, il est important de préciser qu’elle n’est pas transmissible à l’homme. Face à cette menace, le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH), en collaboration avec les autorités administratives et le corps préfectoral d’Adzopé, a immédiatement réagi. Ainsi, plusieurs mesures ont été prises. Notamment, le recensement de 37 élevages cunicoles ; ensuite, l’organisation de réunions de sensibilisation auprès des éleveurs ; puis, la signature d’un Arrêté Préfectoral portant Déclaration d’infection. Enfin, une campagne de vaccination d’urgence a été lancée, permettant d’immuniser 2 749 lapins répartis dans 68 élevages des départements d’Adzopé et de Yakassé-Attobrou.
Grâce à cette réactivité et à la coopération des éleveurs, le foyer de la maladie a pu être rapidement circonscrit. À ce jour, aucun nouveau cas n’a été enregistré. Néanmoins, les autorités vétérinaires restent prudentes, la propagation pourrait être favorisée par des mouvements non contrôlés d’animaux, l’introduction de lapins sans contrôle sanitaire ou encore le non-respect des règles d’hygiène et de biosécurité. C’est pourquoi le MIRAH appelle l’ensemble des acteurs de la filière cunicole à redoubler de vigilance. Concrètement, il s’agit de renforcer les mesures de biosécurité : nettoyer et désinfecter régulièrement cages et matériels, limiter les visites dans les exploitations, éviter l’achat d’animaux d’origine incertaine, instaurer une quarantaine systématique pour tout nouvel arrivant et, surtout, respecter le calendrier de vaccination.
Par ailleurs, le ministère remercie les éleveurs pour leur collaboration et insiste sur l’importance de signaler immédiatement toute mortalité anormale ou tout signe suspect au numéro vert gratuit 800 200 38. Une vigilance collective demeure la clé pour protéger durablement la filière cunicole en Côte d’Ivoire.