
L’objectif affiché est clair, transformer l’élevage ivoirien en véritable moteur d’investissement. Animée par Koné Songuida, coordonnateur du projet PRO-BOVINE, cette rencontre s’inscrit dans la vision du ministre Sidi Tiémoko Touré, qui entend repositionner durablement la filière animale. Pour ce faire, la présentation s’est structurée autour de cinq axes : état des lieux, environnement de production, diagnostic des faiblesses, solutions innovantes et perspectives de rentabilité et de souveraineté alimentaire. Or, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si l’agriculture représente 14,8 % du PIB ivoirien en 2024, l’élevage ne pèse que 1 % du PIB total et 6,7 % du PIB agricole. Ce déséquilibre se traduit par une dépendance massive aux importations : 51 % de la viande consommée provient de l’étranger, et ce taux grimpe à 87 % pour le lait et ses dérivés.
Cependant, tout n’est pas sombre. La Côte d’Ivoire dispose d’atouts considérables : un cheptel bovin conséquent, une aviculture en plein essor, des effectifs notables en ovins, caprins et porcins, sans oublier des ressources pastorales et des infrastructures agro-pastorales déjà existantes. À cela s’ajoute un marché intérieur dynamique, porté par une population jeune et en croissance.
Toutefois, la masterclass n’a pas éludé les contraintes majeures. Faibles performances génétiques, manque de technicité, maladies épizootiques, coût élevé de l’alimentation animale, pression foncière et faible structuration commerciale : autant de freins qui entretiennent un cercle vicieux de faibles rendements et de sous-investissement.
Face à ces défis, l’innovation apparaît comme la clé. Les pistes évoquées vont de l’amélioration génétique à l’optimisation de l’alimentation, en passant par le renforcement de la biosécurité, l’intégration d’outils numériques et l’innovation organisationnelle et commerciale. Plus encore, la rencontre a esquissé un véritable écosystème d’investissement, incluant les équipements d’élevage, les services vétérinaires numériques, la production fourragère, la transformation, la logistique et la traçabilité.
Ainsi, à travers cette initiative, la délégation ivoirienne au SIA 2026 a affiché une ambition sans équivoque : faire de l’innovation un levier de performance économique, de souveraineté alimentaire et d’attractivité pour les investisseurs. Pour rappel, le Salon, qui se tient du 21 février au 1er mars au parc des expositions de la Porte de Versailles, a choisi pour thème « Générations Solutions ». Et cette année, la Côte d’Ivoire, pays invité d’honneur, entend bien démontrer que l’élevage peut devenir l’un des piliers de son développement.