
Dans un rapport publié mercredi, l’agence précise qu’à l’échelle planétaire, un enfant sur six ne fréquente pas les bancs de l’école, tandis que seuls deux élèves sur trois parviennent à achever leurs études secondaires. Autrement dit, malgré des progrès notables au début des années 2000, la dynamique s’essouffle.
En effet, après une baisse de 33 % entre 2000 et 2015, la population non scolarisée augmente de nouveau depuis sept ans, avec une progression de 3 % depuis 2015. Ce ralentissement est particulièrement marqué en Afrique subsaharienne, où la croissance démographique exerce une pression considérable sur les systèmes éducatifs. À cela s’ajoutent les crises et conflits, qui freinent lourdement les avancées.
Plus d’un enfant sur six vit aujourd’hui dans une zone touchée par la guerre, ce qui représente des millions de jeunes supplémentaires privés d’école. La situation est jugée particulièrement préoccupante au Moyen-Orient, où les tensions régionales persistantes ont contraint de nombreux établissements à fermer leurs portes, exposant les enfants à un risque accru de retard scolaire. Par ailleurs, les obstacles ne sont pas seulement géopolitiques. Les filles, souvent freinées par des normes discriminatoires, et les enfants issus de familles pauvres, incapables de payer les frais de scolarisation, restent les plus vulnérables. Pourtant, certains pays montrent qu’un changement est possible. Au Népal, par exemple, des réformes en faveur de l’égalité des genres ont permis aux filles de combler leur retard, voire de dépasser les garçons dans certaines régions.
Certes, les écarts entre les sexes se réduisent progressivement, et les taux d’achèvement scolaire progressent. Depuis l’an 2000, le taux mondial d’achèvement est passé de 77 % à 88 % dans le primaire, de 60 % à 78 % dans le premier cycle du secondaire et de 37 % à 61 % dans le deuxième cycle. Ces chiffres témoignent d’une amélioration globale, même si elle reste inégale. Enfin, le rapport souligne un engagement international croissant en faveur de l’inclusion. Le nombre de pays ayant rendu obligatoire douze années d’éducation a triplé en un quart de siècle. Autrement dit, la volonté politique existe, mais elle doit désormais se traduire par des mesures concrètes pour que l’école devienne une réalité universelle.