Société

Armées et Nations Unies : Entre 2017 et 2024, 96 femmes sur 2 395 militaires ivoiriens envoyés en mission de paix, soit 4%

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Ce jeudi 11 juin 2026, à l'Hôtel des Armées d'Abidjan, au camp Gallieni, s'est déroulé le lancement officiel d'un projet d'évaluation sur les obstacles à la participation des femmes militaires ivoiriennes aux opérations de maintien de la paix de l'ONU.

Autour de la table, des autorités civiles et militaires. Un moment clé pour l'égalité et la modernisation des forces armées. Commandé par ONU Femmes, en soutien à l'État-major général des armées, le rapport a été réalisé par le CAPEC-CIRES, avec l'appui financier du Fonds de l'Initiative ELSIE et le soutien technique du Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : entre 2017 et 2024, sur 2 395 militaires ivoiriens envoyés en mission de paix, seulement 96 étaient des femmes. Soit à peine 4 %. Un taux bien trop bas par rapport aux objectifs internationaux.

Nassénéba Touré, ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, représentait le ministre de la Défense. Elle a tenu à féliciter le chef d'état-major général des armées, Lassina Doumbia, pour ses efforts en faveur de l'intégration des femmes dans l'armée et leur présence accrue sur les théâtres extérieurs. « Cette initiative envoie un message fort. Elle montre que la Côte d'Ivoire veut rester un acteur crédible de la paix dans le monde, et qu'elle s'engage pour l'excellence, le mérite et l'égalité des chances au sein de nos forces armées », a-t-elle déclaré.

Prenant la parole à son tour, Lassina Doumbia, le Chef d'État-Major Général des Armées, a insisté : ce n'est pas qu'une question sociale. « Cela concerne directement le terrain. Depuis plusieurs années, nos forces se transforment en profondeur, alliant modernisation et ouverture sur le monde. Mais il reste des obstacles, surtout liés aux conditions de déploiement et à certaines résistances culturelles. Pourtant, ces blocages ne sont pas une fatalité. Le rapport présenté aujourd'hui vise justement à les identifier pour mieux les dépasser. Car aujourd'hui, les opérations militaires se déroulent au cœur des populations. La diversité devient alors une force. Elle permet de mieux comprendre les environnements locaux, d'enrichir l'analyse stratégique et de renforcer la cohésion des troupes », a expliqué le CEMGA.

Le haut commandement a également insisté sur la nécessité d'une évolution progressive. Pas question d'imposer des changements brutaux, mais plutôt de consolider ce qui a été fait et d'ouvrir plus de perspectives aux jeunes femmes qui choisissent la carrière militaire. À terme, cette démarche devrait non seulement renforcer les capacités opérationnelles du pays, mais aussi rehausser son image sur la scène internationale.

De son côté, la représentante résidente d'ONU Femmes en Côte d'Ivoire, Adjaratou Ndiaye, a remercié les plus hautes autorités ivoiriennes, notamment le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, pour leur engagement constant en faveur de la vision du président Alassane Ouattara : donner plus de place aux femmes au sein des Forces armées de Côte d'Ivoire. « Le Système des Nations Unies reste pleinement engagé aux côtés du gouvernement ivoirien pour soutenir cette ambition. Une paix durable ne peut être vraiment construite quand la moitié des talents, des compétences et du leadership d'une nation reste insuffisamment représentée », a-t-elle affirmé.

Quant au directeur adjoint de la Cellule d'analyse de politiques économiques du CAPEC-CIRES, Kimou Assi, il a souligné l'importance stratégique de la présence des femmes dans les missions de paix. Selon lui, leur participation n'est pas seulement une exigence des Nations Unies, c'est aussi un facteur d'efficacité sur le terrain : cela renforce la confiance des populations, améliore le renseignement et modernise les forces armées. « Il ne s'agit plus de protéger les femmes de la mission, mais de préparer la mission pour elles », a-t-il lancé.

Cette cérémonie marque l'aboutissement d'un processus d'évaluation mené selon les standards internationaux. Une étape importante dans l'engagement de la Côte d'Ivoire pour une participation plus significative et plus équilibrée des femmes aux opérations de paix.