
Cette formation consacrée aux enquêtes financières, ainsi qu’aux procédures de saisie et de confiscation des avoirs criminels, s’inscrit, à en croire l'AGRAC, dans le programme annuel de formation conduit par l’institution au profit des autorités d’enquête et de poursuite pénale, conformément à ses missions. Elle vise également à promouvoir l’intégration systématique de l’approche patrimoniale dans les enquêtes et les poursuites, afin d’améliorer la qualité, la cohérence et le nombre de mesures de saisie et de confiscation des avoirs criminels.
À l’ouverture des travaux avec les magistrats, Bernard Koné, Procureur Général près la Cour d’Appel de Bouaké, représentant le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, a rappelé l’importance de ces formations face aux mutations de la criminalité économique et financière, qu’il a décrite comme « une criminalité en constante évolution, alimentée par des réseaux transnationaux et des montages juridiques sophistiqués ». Il a en outre souligné qu’il n’est plus envisageable de limiter la réponse pénale aux seules poursuites et condamnations à des peines privatives de liberté. L’enjeu, a-t-il indiqué, est de désormais priver les criminels du produit de leurs activités illicites. Et d'ajouter que cette exigence impose aux magistrats et aux OPJ, acteurs de première ligne, de renforcer leurs compétences en enquête financière, en traçabilité des flux et en mise en œuvre du cadre juridique des saisies et confiscations. Par ailleurs, a-t-il salué le travail colossal abattu par l’AGRAC pour inclure l'ensemble de la chaîne pénale dans cette dynamique.

Directeur Général Adjoint de l’AGRAC, Ouattara Bourahiman, a pour sa part, indiqué que les formations organisées par l’AGRAC doivent être perçues comme des réponses concrètes et opérationnelles à des défis clairement identifiés.
La formation offre un cadre d’échanges approfondis sur les mécanismes juridiques, les techniques d’enquête patrimoniale et les bonnes pratiques nationales et internationales en matière de saisie et de confiscation. Elle contribue ainsi au renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Les travaux sont animés par deux experts de l’AGRAC, reconnus pour leur expertise dans la lutte contre la criminalité économique et financière : Romain Ouattara, magistrat hors hiérarchie, Directeur des Affaires Juridiques et Koffi Goua, commissaire divisionnaire de police, Directeur des Opérations.
La première session, organisée du 15 au 16 juin 2026, a réuni une vingtaine de magistrats, et la seconde, prévue du 17 au 18 juin 2026, accueille également une vingtaine d'OPJ.
Après Abidjan en mars 2026 et Bouaké en juin 2026, cette formation sera étendue aux magistrats et OPJ des Cours d’Appel de Daloa et de Korhogo dans les prochains mois. Par ce déploiement national, l’AGRAC réaffirme son rôle central dans la promotion d’une justice patrimoniale moderne, efficace et alignée sur les standards internationaux.