Société

Déversement d'hydrocarbures dans la mer : La côte d’ivoire prête à faire face à toute menace de pollution

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À travers une manœuvre de simulation, la Côte d’Ivoire, grâce au Centre ivoirien antipollution (CIAPOL), a testé sa capacité de réaction en cas de déversement d’hydrocarbures en mer. C’est dans le cadre de la 12è édition de l’exercice annuel du Plan Pollumar

Le vendredi 12 juin 2026, Abou Bamba, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, accompagné des agents du CIAPOL avec à leur tête le Directeur général, Professeur Ossey Yapo, foulent le sol de Grand-Beréby, ville balnéaire et touristique située dans le Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire, dans la région de San Pedro Ce vendredi est le deuxième jour pour ce qui est de la phase pratique portant sur l’exercice annuel du Plan Pollumar. Comme il est de tradition, cet exercice mobilise pour sa mise en œuvre, plusieurs compartiments de l’administration publique ivoirienne.

Pour cette édition, le thème choisi est : «Responsabilité civile et indemnisation des dommages dus à une pollution marine transfrontalière de niveau 3 par les hydrocarbures dans la zone maritime Ouest de Côte d’Ivoire». La Côte d’Ivoire, dont la superficie de son littoral est estimée à 566 km2 ouvert sur le Golfe de Guinée, veut s’assurer pour la deuxième fois de sa capacité de réaction à gérer et maîtriser une pollution marine. Et cela, en restant dans l’esprit de la Convention internationale sur la préparation, la lutte et la coopération en matière de pollution par les hydrocarbures (OPRC, 1990). Cette convention exige la mise en place d’un plan d’urgence. L’exercice de Grand-Béréby, qui est la seule aire marine protégée de la Côte d’Ivoire, a été un succès, selon les résolutions des travaux.

Le déroulement du plan Pollumar

 

Une fois dans la localité, c’est dans les locaux du complexe hôtelier la Baie des sirènes que la coordination générale de la mise en œuvre du plan Pollumar a pris ses quartiers. En présence du corps préfectoral, des agents du CIAPOL et des experts internationaux de l’Organisation maritime internationale (OMI) ainsi que des représentants gouvernementaux des pays du Golfe de Guinée, etc., le déclenchement de la mise en œuvre du plan Pollumar est donné par le ministre Abou Bamba à travers une première conférence de presse. Le maire de la ville, y est présent. Tous sont vêtus de chasubles et coiffés de chapeau de sécurité. Trois sites d’intervention sont identifiés. Il s’agit du Port de San Pedro, du département de Grand-Béréby et de celui de Tabou.

Le coût global des opérations est évalué à 13 milliards FCFA. Pour éviter le désordre, assurer une meilleure coordination des interventions et rassurer les populations en donnant les bonnes informations sur l’évolution de la situation, plusieurs cellules sont créées pour la circonstance. Il s’agit des cellules de planification, de logistique, d’intervention, d’administration et de communication. Le ministre, depuis le quartier général, échange par visioconférence avec les responsables des différentes cellules. En parfait connaisseur des questions liées aux enjeux environnementaux, Abou Bamba interroge avec précision les responsables des différentes cellules. L’évolution de la situation, les moyens déployés, leur nature et ceux attendus, les stratégies mises en œuvre, selon le degré de pollution de chaque site identifié, les moyens d’information des populations sont, entre autres, les préoccupations auxquelles le ministre a souhaité avoir des réponses précises.

Les causes de l’accident

Les causes de l’accident sont le fait d’un déversement de plus de 100 tonnes de produits pétrolier dans la mer. Comment cela est-il arrivé ? Il s’est agi pour les équipes techniques de simuler un scénario critique : une collision en haute mer entre un navire roulier et un pétrolier, ce dernier étant engagé dans une opération illicite de transbordement avec un tiers navire. L'impact fictif a provoqué le déversement de plus de 100 tonnes d’hydrocarbures. En vertu du décret n° 98-42 du 28 janvier 1998, l'ampleur de cette pollution l'a classée au niveau 3, le seuil d'urgence maximale requérant une mobilisation nationale et internationale. Ce cas de figure avait pour objectifs principaux de tester l’efficacité des chaînes d'alerte, de valider les protocoles de coordination multisectorielle, de mesurer la vitesse de mobilisation des ressources et d’évaluer la neutralisation concrète de la nappe de pétrole.

Sur les théâtres des opérations

Après avoir fait le tour des différentes cellules, le premier responsable du département ministériel et les différentes équipes se sont rendus sur un site pour mieux apprécier la gestion de la crise. Il s’agit de l’étape de l'hôtel du jardin d'Eden. Cette structure donne sur une plage. C’est la cellule du post avancé de Grand-Béréby. Sur la plage, l’on observe des agents en combinaison blanche. Ceux-ci s’attèlent au nettoyage de la plage. Un ensemble d’équipements que nécessite ce genre d’intervention y est stocké. Une zone délimitée est interdite de fréquentation.

L’accès est conditionné par une autorisation et le port des combinaisons et de cache-nez pour éviter tout risque de contamination. En outre, un camion de laboratoire mobile pour les analyses environnementales, air, eau et sol pour effectuer des prélèvements est stationné. Un briefing est fait au ministre. Il ne se contente pas d’écouter, mais décèle quelques failles dans le mode opératoire et fait des recommandations. Les moyens de lutte utilisés sont de deux ordres : terrestres et aériens. Un hélicoptère mobilisé survole la zone. Après cette étape, Abou Bamba et les équipes retournent pour un suivi par visioconférence de la suite des interventions qui ont abouti à la fin des opérations par une conférence de presse. C’est l’annonce de la maîtrise du sinistre par toutes les équipes mobilisées à cet effet.