
Dans un contexte où les enjeux écologiques s’imposent désormais comme des urgences nationales, pollution urbaine, déforestation, érosion côtière, stress hydrique et changement climatique, le choix d’un profil technique et chevronné apparaît comme une rupture. Abou Bamba n’est pas un homme du hasard politique. Il est l’aboutissement d’un long parcours fait de rigueur intellectuelle, d’expertise internationale et d’engagement concret pour le développement durable.
A peine nommé, le nouveau patron de la politique environnementale a déjà identifié ses chantiers prioritaires. Il s'agit notamment de l'épineuse question « de remblayage de la lagune, des préoccupations liées à l'orpaillage illégal, de la protection des forêts, des effets des changements climatiques, qui freinent, à certains endroits, les efforts de développement menés par le gouvernement depuis près de quinze ans ».
Un homme de terrain, forgé par les réalités africaines
Ancien Coordonnateur du Abidjan Legacy Program, Abou Bamba est avant tout un homme de terrain. Il connaît les fractures environnementales de nos villes, les vulnérabilités sociales des quartiers précaires, les défis liés à la gestion des déchets, à l’assainissement, à la résilience climatique et à la protection des écosystèmes.
Son action à Abidjan a permis de relier les politiques environnementales aux réalités urbaines, en tenant compte à la fois des impératifs écologiques et des contraintes sociales. Cette approche pragmatique, fondée sur l’écoute des acteurs locaux et la planification stratégique, constitue l’un des marqueurs forts de son profil.
Une carrière internationale de plus de trois décennies
Économiste de l’environnement ivoirien, Abou Bamba totalise plus de 30 ans d’expérience dans les domaines de l’environnement et du développement durable. Il débute sa carrière dans les années 1990 comme conseiller à la Banque mondiale, où il participe à l’élaboration des Plans nationaux d’actions environnementales (PNAE) dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. À une époque où les questions environnementales restaient marginales dans les politiques publiques africaines, il contribue à poser les bases institutionnelles de la gestion durable des ressources naturelles.
Il rejoint ensuite la Banque africaine de développement (BAD), au sein du Réseau pour l’Environnement et le Développement durable en Afrique. Il y joue un rôle clé dans la formulation des politiques environnementales des pays africains à la suite de la Conférence de Rio de 1992, assurant la coordination opérationnelle de programmes structurants. Cette période renforce sa maîtrise des mécanismes de financement du développement et des cadres internationaux de la transition écologique.
L’expérience Ramsar et la conservation des écosystèmes
Sa trajectoire professionnelle le conduit par la suite à Gland, en Suisse, où il exercera pendant près d’une décennie comme Coordinateur pour l’Afrique de la Convention sur les zones humides d’importance internationale (Convention de Ramsar-UNESCO), pour le compte de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
À ce poste stratégique, Abou Bamba travaille sur la protection des zones humides, des écosystèmes essentiels à la biodiversité, à la sécurité alimentaire et à la régulation climatique. Cette expérience consolide son expertise sur les enjeux de conservation, tout en affinant sa compréhension des négociations environnementales internationales.
Une vision moderne du développement durable
Grand défenseur du concept de développement durable, Abou Bamba porte une vision résolument moderne de la transition écologique. Pour lui, l’environnement ne doit pas être un frein à la croissance, mais un levier de transformation économique et sociale. Il défend une économie verte créatrice d’emplois, une urbanisation résiliente, une gouvernance environnementale participative et une citoyenneté écologique renforcée. Cette approche intégrée est particulièrement pertinente dans un contexte africain marqué par une forte pression démographique, une urbanisation rapide et une vulnérabilité accrue aux chocs climatiques.
La nomination d’Abou Bamba envoie également un signal politique fort. Elle rappelle que la compétence, l’expertise et le mérite peuvent ouvrir les portes du pouvoir décisionnel. Pour la jeunesse ivoirienne, les chercheurs, les environnementalistes et les acteurs de la société civile, ce choix nourrit l’espoir d’une reconnaissance du savoir et de l’engagement au service de l’intérêt général.
Une formation académique d’excellence
Abou Bamba est titulaire d’un diplôme d’administrateur maritime et des ports du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) du Havre, en France. Il possède également un Master of Science en économie et gestion, option économie de l’environnement et du développement durable, de l’Université du Québec (Canada), ainsi qu’un diplôme de gestion durable de l’environnement de l’Université de Californie à Berkeley (États-Unis). À cela s’ajoutent plusieurs certificats en économie politique de l’environnement obtenus à l’Institut de développement économique de la Banque mondiale à Washington D.C.
Auteur de nombreuses études sur les questions environnementales et de développement durable, il a reçu plusieurs distinctions académiques, dont le prix d’excellence de l’Université du Québec, le prix d’excellence du ministère des Sciences et de l’Enseignement supérieur du Québec et la Bourse de la Francophonie.
Une responsabilité générationnelle
En accédant à la tête du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba n’hérite pas seulement d’un portefeuille ministériel. Il endosse une responsabilité générationnelle : celle de consolider les fondations d’une transition écologique africaine, adaptée aux réalités locales, socialement juste et économiquement viable. Face à l’ampleur des défis, son expertise et sa vision offrent une opportunité à la Côte d’Ivoire de rompre avec le laxisme écologique et environnemental des populations pour engager des réformes structurelles durables qui prennent en compte les défis nouveaux.