
Le communiqué de la Présidence de la République du 23 janvier 2026, lu en direct sur les antennes de la RTI, ne marque ni une rupture politique ni une surprise institutionnelle. Il confirme plutôt une ligne constante : gouverner par la continuité, corriger par des ajustements précis et renforcer les secteurs jugés stratégiques.
Ce remaniement doit donc être lu non pas comme un changement de cap, mais comme une mise à jour politique et fonctionnelle de l’exécutif.
Stabilité à la Primature, sécurité élevée au sommet
La reconduction du Premier ministre Robert Beugré Mambé traduit une volonté claire de stabilité et de maîtrise des dossiers. Dans un contexte régional sensible, ce choix évite toute désorganisation administrative et garantit la continuité de l’action gouvernementale.
Plus significatif encore, la nomination de Téné Birahima Ouattara en qualité de Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, élève clairement la question sécuritaire au rang de priorité absolue. La Défense devient ainsi un pilier central de l’architecture gouvernementale, confirmant que sans sécurité, aucun projet de développement durable n’est possible.
Un signal politique fort : les deux ministres d’État sont des femmes
Un fait majeur mérite d’être souligné avec force : les deux seuls ministres d’État du gouvernement sont des femmes.
• Madame Nialé Kaba, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ;
• Madame Anne Désirée Ouloto, ministre d’État, à la tête d’un portefeuille social et institutionnel stratégique.
Même si les femmes ne sont pas numériquement majoritaires dans le gouvernement, leur poids politique est clairement renforcé. Elles occupent les plus hauts niveaux hiérarchiques de l’exécutif. Ce choix traduit une reconnaissance assumée de la compétence, de la rigueur et de l’efficacité du leadership féminin au sommet de l’État.
Agriculture : changer d’homme pour accélérer les résultats
La sortie de Kobenan Kouassi Adjoumani et l’arrivée de Bruno Nabagné Koné au ministère de l’Agriculture constituent un changement important. L’objectif n’est pas de renier les orientations passées, mais de modifier la méthode afin d’obtenir des résultats plus visibles, notamment sur les vivriers, la productivité et les chaînes de valeur agricoles.
L’agriculture reste un secteur socialement sensible et politiquement déterminant. Le message est clair : l’exécutif attend désormais plus d’impact concret sur le terrain.
Infrastructures et assainissement : deux urgences, deux missions distinctes
Le retrait d’Amédé Koffi Kouakou du portefeuille des Infrastructures au profit d’un profil issu de la haute gestion portuaire traduit une volonté d’optimiser la performance logistique, les corridors économiques et l’entretien des grands ouvrages.
Son repositionnement à l’Hydraulique, l’Assainissement et la Salubrité répond à une autre urgence nationale : le cadre de vie des populations, la lutte contre les inondations et la salubrité urbaine. C’est un ministère où les résultats sont immédiatement perceptibles par les citoyens, et donc politiquement très exposé.
Diplomatie : une orientation économique et stratégique assumée
Avec Nialé Kaba élevée au rang de ministre d’État aux Affaires étrangères, la Côte d’Ivoire renforce une diplomatie tournée vers la coopération internationale, l’intégration africaine, la diaspora et la défense des intérêts économiques nationaux. Cette réorganisation traduit une diplomatie plus structurée et plus offensive.
Ce nouveau gouvernement n’a pas vocation à séduire par l’effet d’annonce. Il est conçu pour gouverner, sécuriser, accélérer et livrer des résultats. Peu de nouveaux entrants, mais des changements lourds de sens. Et surtout, un signal politique fort : les femmes occupent désormais les plus hauts étages du pouvoir exécutif ivoirien. La Côte d’Ivoire avance avec méthode, responsabilité et vision ».
DIOMANDE Adama
Président de l’ADD