
Dans une publication sur sa page Facebook, le lundi 24 août 2026, le maire de Tiassalé, Assalé Tiemoko, estime que le combat de l'État ivoirien devrait se diriger sur les vrais responsables de l'orpaillage illégal. Et pour cause, à le suivre, tous ces jeunes pourchassés, interpellés et jetés en prison, ne sont qu'une infime partie d'un grand système. Selon lui, les vrais responsables de cette clandestinité ne sont souvent jamais interpellés.
"Une pelleteuse a un propriétaire. La dynamique a un fournisseur. L'or a un acheteur. L'argent a un destinataire. Pourtant, dans la lutte contre l'orpaillage clandestin, seuls les creuseurs semblent avoir un visage voilà peut-être le véritable mystère", a-t-il dénoncé. En clair, selon Assalé Tiemoko, près de 65% des personnes arrêtées sont des étrangers précaires recrutés pour creuser, transporter le minerai, alimenter les motopompes ou garder les campements.
C'est-à-dire ces personnes qui sont mises aux arrêts chaque jour, ne sont en réalité que "les petites mains du système" selon lui. "Ceux qui manipulent la poussière pendant que d'autres encaissent l'or. Ce sont eux que l'on emprisonne. Cela est à saluer mais l'argent insuffisant pour enrayer la mécanique de l'orpaillage illégal. A l'inverse, financiers, collecteurs, achèterais, logisticiens et bénéficiaires finaux semblent avoir découvert un privilège rare : exister économiquement sans exister judiciairement", a-t-il expliqué. Avant de dénoncer qu'une ces industries qui génèrent des milliards de FCFA demeurent encore introuvables.
Assalé Tiemoko estime en réalité que le plus accablant dans cette histoire n'est pas les sites détruits mais les pertes enregistrées. "Près de 4000 milliards de FCFA s'évaporeraient chaque année, soit plus de douze milliards par jour. Face à une telle hémorragie, les quelques centaines de millions récupérés en plusieurs années paraissent presque symboliques. La scène ressemble parfois à un incendie de forêt combattu avec un verre d'eau, suivi d'une conférence de presse célébrant l'efficacité du verre. L'erreur est peut-être de croire que le cœur du système se trouve dans la mine. L'or n'est pas le point de départ", a-t-il insisté.
En somme, pour Assalé Tiemoko, l'État doit plus de pencher sur tout le système de cette lutte que de se focaliser sur la main-d'œuvre. La lutte est donc loin d'être terminée.