
Une façon tangible d’honorer le passé tout en construisant l’avenir. Mais ce qui a vraiment fait réagir, c’est l’autre volet de l’annonce. Il s'agit le recasement des familles déplacées de Boribana, à Attécoubé, et de l’abattoir de Port-Bouët. Ces habitants, chassés de zones insalubres, attendent depuis des mois une issue. Enfin, une lueur d’espoir, deux sites ont été retenus, Anani (10 hectares) et Andokoua (37 hectares).
Du côté d’Andokoua, les travaux de voirie sont presque terminés, ce qui laisse entrevoir un déménagement assez rapide. Quant à Anani, il offrira une alternative pour éviter la surdensité et mieux répartir les familles. Pourtant, sur le terrain, l’inquiétude persiste. « On nous parle de terrains, mais nous, ce sont des maisons qu’on attend », soupire un habitant de Boribana. Beaucoup redoutent aussi que les promesses ne s’enlisent dans le temps, comme ça a déjà été le cas ailleurs.
Derrière ces annonces, c’est toute une question qui se pose. Comment faire grandir une ville sans oublier ceux qui y vivent ? Le futur siège de la chefferie atchan, c’est un hommage aux racines. Le recasement des déplacés, c’est le test de notre capacité à ne laisser personne au bord du chemin.
Abidjan se trouve à un carrefour. D’un côté, elle célèbre son histoire. De l’autre, elle doit montrer que son développement a un visage humain. Tout se jouera maintenant dans la capacité des autorités à passer des paroles aux actes, et à redonner un vrai chez-soi à ceux qui ont tout quitté.