
Sur 180 Etats, la Côte d’Ivoire se place désormais à la 54e place avec un score de 66,27 points contre 63,69 en 2025. A la veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, les pays du monde sont encore confrontés au défi d'une liberté d'expression, d'action mais surtout d'exercice.
Si de nombreux journalistes sont encore assassinés et ou emprisonnés dans le monde, certains pays arrivent, malgré les défis économiques, sociaux, politiques et culturels, essaient, tout de même, de faire des efforts. C'est en tout cas le cas de la Côte d’Ivoire qui, selon RSF estime que le pays, en enregistrant, un tel classement, est sur la voie de l'avancement.
"La loi ne contient aucune disposition privative de liberté en cas de délit de presse. Elle maintient toutefois le délit d'offense au président de la République. La liberté d'expression est garantie dans la Constitution et la loi sur la presse de 2017... Malgré certaines innovations, la loi du 6 juin 2024 relative aux communications électroniques contient un article qui prévoit la pénalisation de la divulgation des messages électroniques, qui pourraient être utilisés abusivement contre les journalistes. La presse papier et numérique est régulée par l'Autorité nationale de la presse (ANP) et la télévision par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA). L'ANP peut suspendre la parution d'un journal et prononcer une interdiction de publier de trois mois contre son Directeur de publication comme cela a été le cas à plusieurs reprises depuis 2023", peut-on lire dans le rapport de RSF.

Au plan sécuritaire, le rapport fait savoir que les journalistes d'investigation sont très souvent visés par des tentatives de corruption ou d'intimidation, telles que la menace de divulgation des données personnelles, ainsi que par des arrestations. "Les journalistes sont parfois pris à partie lors de la couverture de rassemblement politiques ou menacés en ligne par des militants", peut-on lire dans ledit rapport. Toutefois, sur ce plan, la Côte d’Ivoire est nettement en amélioration, car, malgré la coloration politique de certains journaux, les journalistes de ces rédactions ont la liberté de couvrir toutes les activités politiques (en tout cas une grande partie) sans risque d'être inquiétés.
De son côté, la Directrice éditoriale de RSF, Anne Bocandé, a expliqué le contexte de ce rapport qui s'inscrit dans le cadre du 25e anniversaire de la structure. "En proposant une perspective anniversaire sur 25 ans, RSF ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur, l'organisation interpelle frontalement l'avenir en posant une question simple : jusqu'à quand allons-nous tolérer l'asphyxie du journalisme, l'entraînement systématique des journalistes et l'érosion continue de la liberté de la presse ? Car si les attaques contre le droit à l'information se diversifient et se sophistiquent, leurs auteurs, eux, ne se cachent plus : États autoritaires, pouvoirs politiques complices ou défaillants, auteurs économiques prédateurs et plate-formes devenues incontrôlables portent une responsabilité directe et écrasante", a-t-elle déclaré.
Elle invite à avoir des garanties fermes et des sanctions réelles face aux dérives et menaces face aux journalistes. "La balle est dans le camp des démocraties et de leurs citoyens. A eux de faire barrage à à qui organisent le silence. Car la contagion autoritaire n'est pas une fatalité", a indiqué Anne Bocandé.