
La célébration des 80 ans du PDCI-RDA, doyen des partis politiques ivoiriens, aurait pu être un moment de rassemblement et de mémoire nationale. Mais un fait a retenu l’attention : L'absence du PPA-CI, formation politique fondée par Laurent Gbagbo. Très vite, certains commentaires médiatiques ont évoqué un prétendu boycott. Une lecture hâtive, sinon erronée, qu’il convient aujourd’hui de corriger.
Contrairement à ce qui a été avancé sur certaines antennes, notamment sur Life TV, il n’y a jamais eu de volonté délibérée du PPA-CI de snober cet événement. La réalité, bien plus simple, est aussi plus troublante : Le parti affirme n’avoir reçu aucune invitation, ni officielle ni officieuse. Ni courrier, ni message formel, ni démarche protocolaire. Rien.
Pis encore, selon des sources internes, un contact tardif et informel aurait été établi la veille de la cérémonie par une interlocutrice non clairement identifiée, qui s’enquérait de la présence du PPA-CI. À la réponse logique du parti — l’absence totale d’invitation —, celle-ci aurait promis de se renseigner davantage… avant de disparaître des radars. Aucun suivi. Aucun rappel. Aucun correctif.
Dans ces conditions, parler de boycott relève au mieux d’une approximation, au pire d’une construction médiatique hasardeuse. On ne boycotte pas un événement auquel on n’a jamais été convié. Cet épisode soulève une double interrogation. D’abord sur le sens de l’organisation d’un événement d’une telle portée sans une démarche inclusive envers des acteurs politiques majeurs. Ensuite, sur la responsabilité de certains médias qui, au lieu de vérifier les faits, préfèrent parfois s’accommoder de récits rapides.
Il ne s’agit pas ici d’alimenter une polémique inutile, mais de rétablir une vérité simple : Le PPA-CI n’a pas boycotté les 80 ans du PDCI-RDA. Il n’y a tout simplement pas été invité. Dans un contexte politique où chaque geste est scruté, chaque absence interprétée, la rigueur factuelle devrait rester la règle. À défaut, c’est l’opinion publique que l’on induit en erreur — et, avec elle, le débat démocratique qui s’appauvrit.
GILLES CHRIST DJÉDJÉ



