
Articulée autour du thème « Correction de presse, intelligence artificielle et perfectionnement linguistique », la formation a été assurée par Firmin Yoha, Directeur de publication du Tamtam Parleur. « L’intelligence artificielle n’est pas un pilote automatique. C’est plutôt un outil qui permet de faciliter le travail de correction », a-t-il affirmé, en insistant sur l’objectif de former des correcteurs capables d’écrire mieux et plus vite, sans perdre la rigueur linguistique.
Les pièges éthiques et stylistiques
Au cours de la séance, Firmin Yoha a mis en lumière les principaux risques liés à l’usage de l’IA en correction. Il a expliqué que confier un texte à un algorithme donne pouvoir sur « les faits, le sens et la responsabilité », et a souligné le danger des hallucinations où l’outil invente des éléments pour « mieux écrire ». L’animateur a illustré ce phénomène par un exemple concret : une reformulation automatisée peut transformer une simple description de présence en un accueil chaleureux non attesté, modifiant ainsi le sens du reportage et engageant la responsabilité du journaliste.
Parmi les autres écueils évoqués, figurent l’appauvrissement du style, le risque d’uniformisation et l’inadéquation des normes de correction, souvent calquées sur des corpus occidentaux qui peuvent considérer comme fautes des usages locaux courants. Firmin Yoha a aussi insisté sur la responsabilité légale : déléguer entièrement la correction à une IA peut exposer le journaliste si un passage est malicieux ou erroné, car « les outils internet n’ont ni déontologie ni prison ».
Bonnes pratiques et outils recommandés
Pour prévenir ces dérives, il a proposé la règle des 3C, à savoir Comprendre, Contrôler, Corriger, et l’élaboration d’un assistant IA personnalisé, assorti de prompts-types, d’une fiche de style et d’un glossaire propre au média. Plusieurs outils ont été recommandés pour 2026 : Antidote 12, MerciApp et Scribens pour la correction grammaticale ; Claude 4 et GPT-5 (mode « éditeur ») pour la réécriture et l’adaptation du ton ; Deepl Write et Lex.page pour le style et l’intégration CMS.
L’usage judicieux des prompts a été présenté comme déterminant : un bon prompt peut produire 70% de résultats satisfaisants, tandis qu’un ordre vague conduit à des corrections inappropriées.
La session a rappelé que l’IA reste un gain de temps potentiel, quinze à vingt minutes par article selon certains logiciels, mais qu’elle exige vigilance, éthique et perfectionnement continu des correcteurs.
Raymond YAO