
A l’annonce du décès de Mathieu-Jean Gensin, la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, rendait déjà un hommage à l’artiste-peintre qu’elle considérait comme un « artiste visionnaire, bâtisseur de ponts entre les cultures caribéenne et africaine ». Le mercredi 08 juillet 2026, à la salle Augustin Sidi Diallo de Ivosep-Treichville, elle représentait le gouvernement lors de la cérémonie de présentation de condoléances à la famille de l’artiste-plasticien. « Hier, mercredi 08 juillet, dans la soirée, c’est au nom du président de la République, Alassane Ouattara, et du Gouvernement, avec à sa tête le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Robert Beugré Mambé, que je me suis rendue à la salle Augustin Sidi Diallo de Ivosep-Treichville pour présenter mes condoléances les plus attristées ainsi que ma compassion à la famille de feu Mathieu-Jean Gensin, dit Xisparu, artiste-plasticien, rappelé à Dieu le 1er juillet 2026 », peut-on lire dans une publication sur les réseaux sociaux de la ministre Françoise Remarck.
La ministre Françoise dont la dernière rencontre avec Mathieu-Jean Gensin s’est faite à la galerie Eurêka a déploré que le grand vide que ce départ de Xisparu laisse. « Xisparu laisse un grand vide dans le paysage culturel ivoirien ». De fait, depuis son arrivé en Côte d’Ivoire en 1959, l’artiste a fait de la Côte d’Ivoire sa terre d’accueil jusqu’à devenir le premier professeur d’arts plastiques du pays. « Il est une des figures picturales majeures de notre pays, il aura, par son talent et sa contribution à la formation de plusieurs générations d’artistes, marqué son époque et demeurera à jamais dans la mémoire collective », a-t-elle témoigné.
La Martinique à travers sa direction des Affaires culturelles a dans un courrier en date du 08 juillet 2026 rendu hommage à Mathieu Jean Gensin. « C'est avec une profonde émotion que la Direction des Affaires Culturelles de la Martinique a appris le décès de Monsieur Mathieu Jean Gensin, survenu la semaine dernière en Côte d'Ivoire », peut-on lire dans le courrier consulté par Lavenir.ci. Saluant la mémoire de l’artiste, la Direction des Affaires culturelles de la Martinique a exprimé ses « condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches, ainsi qu'à toutes celles et ceux qui, en Martinique comme en Côte d'Ivoire, ont bénéficié de son enseignement et de son œuvre ».
La Direction des Affaires culturelles de la Martinique a indiqué avoir accompagné, en 2024, « deux initiatives dédiées à cet artiste majeur. D'une part, en mai 2024, l'Institut Français de Côte d'Ivoire, pour la réalisation de l'exposition « 90 ans – Mathieu-Jean Gensin, célébration d'un éclat artistique ». D'autre part, en juillet 2024, l'association Trayskreyol, pour son projet de documentaire « Gensin, la palette des origines », dont la sortie est prochaine et qui contribuera à faire perdurer sa mémoire ».
Né au Lamentin, en Martinique, Mathieu-Jean Gensin s'était formé à l'École des arts appliqués de Fort-de-France, puis aux Arts décoratifs de Nice et aux Beaux-arts de Paris. Dès 1959, il fait le choix de la Côte d'Ivoire comme terre d'adoption, à laquelle il consacrera l'essentiel de sa vie et de son talent. Il y forma plusieurs générations d'artistes et d'enseignants, marquant durablement l'histoire des arts plastiques ivoiriens. Aux côtés de Serge Hélénon et Louis Laouchez, il fonde le mouvement Négro-Caraïbe, dont l'exposition fondatrice se tient en avril 1970. Ce courant se donne pour objectif principal l'instauration d'un nouvel état d'esprit dans la sphère caribéenne, et plus particulièrement en Martinique, pour tout ce qui touche à la culture et singulièrement aux beaux-arts plastiques. Il a par ailleurs inspiré l'émergence du mouvement Vohou-Vohou, devenu l'une des expressions les plus emblématiques de l'art contemporain ivoirien.