
Le pays bénéficie d’un réseau hydrographique dense couvrant près de 1,3 % du territoire, de 11 millions d’hectares de parcours, de dix ranches et stations totalisant 180 000 hectares, ainsi que de nombreux barrages favorables à l’élevage. Autant de potentialités qui pourraient faire de l’élevage un pilier de l’autosuffisance alimentaire.
Cependant, malgré ces richesses et les investissements déjà consentis par l’État, la dépendance extérieure reste forte : environ 56 % pour la viande et les abats, et 84 % pour le lait et ses dérivés. Autrement dit, plus de la moitié des protéines animales consommées proviennent encore de l’importation.
C’est dans ce contexte qu’a eu lieu, le vendredi 15 mai 2026 à Ouangolodougou, le lancement officiel des activités préparatoires de la Tabaski 2026 (APT 2026). La cérémonie, présidée par Sidi Tiémoko Touré, ministre des Ressources animales et halieutiques, s’est déroulée en présence des autorités administratives, coutumières et des acteurs de la filière. Elle a été marquée par l’inauguration du nouveau marché à bétail de la ville, infrastructure moderne destinée à améliorer l’accès au bétail et les conditions de travail des professionnels.
Dans son allocution, le ministre a insisté sur les actions engagées pour garantir l’approvisionnement du marché national à l’approche de la Tabaski. D’une part, le gouvernement entend renforcer la production locale par une mobilisation accrue du cheptel. D’autre part, il prévoit l’organisation de foires éclatées dans plus de vingt localités, ainsi qu’une meilleure fluidité logistique grâce à la collaboration avec les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Dans cette dynamique, une politique de « tolérance zéro » contre les tracasseries routières a été réaffirmée, afin de soutenir transporteurs et commerçants. Le message du gouvernement se veut rassurant : « Nous veillerons à ce que chaque famille puisse célébrer ce rite sacré dans la dignité et la sérénité », a déclaré le représentant officiel.
De son côté, Jean Jacques Mongbo, conseiller au bureau de représentation de la Commission UEMOA, a salué le travail acharné des éleveurs, tout en adressant des vœux de paix à la communauté musulmane. Il a souligné que le marché de Ouangolodougou devait devenir un symbole vivant d’une UEMOA proche, utile et tournée vers l’impact. Enfin, M. Koné Moussa, secrétaire général de la coopérative des éleveurs de Ouangolo, a présenté plusieurs doléances, notamment la création de zones aménagées exclusivement pour le bétail et la réhabilitation de barrages pastoraux indispensables à la santé des troupeaux.
À quelques semaines de la Tabaski, cette cérémonie illustre la volonté des pouvoirs publics de sécuriser l’approvisionnement national tout en valorisant les acteurs de la filière. Entre promesses gouvernementales et attentes des éleveurs, l’enjeu est clair , réduire la dépendance extérieure et bâtir une souveraineté alimentaire durable.
