
Ces achats ont été réalisés par 770 sociétés coopératives et acheteurs agréés auprès de 70 525 producteurs, précise le régulateur de la filière. Le précédent bilan, arrêté au 13 septembre, faisait état de 26 000 tonnes achetées auprès de 38 000 planteurs : le cumul a donc presque doublé en une semaine. Sur la même période, 1 032 connaissements, représentant un volume attendu de 40 947 tonnes, ont été validés par 40 exportateurs. Au 20 septembre, 21 467 tonnes avaient été effectivement déchargées et réceptionnées par les exportateurs à Abidjan et à San Pedro, contre 14 165 tonnes à la même date en septembre 2025, soit 7 302 tonnes de plus.
Un mois de septembre traditionnellement creu
Ces volumes prennent d'autant plus de relief que le mois de septembre correspond habituellement à une période de faible activité dans les zones de production. Le démarrage de la campagne 2026-2027 est d'ailleurs décrit comme « relativement progressif » par le Conseil du Café-Cacao, qui relève néanmoins que les transactions entre producteurs, coopératives et acheteurs agréés « se déroulent dans de bonnes conditions » et que les volumes enregistrés « apparaissent significatifs au regard de la période considérée ». Depuis l'ouverture de la campagne principale, le 1er septembre, la carte du producteur est obligatoire pour toute transaction et le prix bord champ garanti est fixé à 1 200 FCFA le kilogramme. Généralisé à cette occasion, le SNT permet de suivre les fèves depuis la plantation jusqu'à l'exportation. La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial, entend ainsi exporter un cacao « 100 % traçable », au moment où l'Union européenne, principal débouché du cacao ivoirien et de ses produits dérivés avec près de 70 % de part de marché, durcit ses exigences avec le règlement sur la déforestation importée (RDUE).
Accélération attendue avec le retour des exportateurs
La quatrième semaine de campagne, du 21 au 27 septembre, pourrait marquer une nouvelle accélération des opérations. Plusieurs exportateurs, qui attendaient la mise à disposition des financements de campagne par les banques, devraient reprendre leurs activités sur le terrain, ce qui soutiendra mécaniquement les achats auprès des producteurs et les livraisons de fèves vers les ports d'Abidjan et de San Pedro.
Le régulateur estime que les prochaines semaines permettront de « mieux mesurer la capacité du dispositif à accompagner la commercialisation du cacao ivoirien et à assurer sa traçabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement ».
Yacouba Doumbia