
Durant trois, les acteurs des radioélectriques en Côte d'Ivoire ont planché sur l’avenir des fréquences en Côte d'Ivoire et du spectre en Afrique. Après soixante-douze heures de conférences, de rencontres et de salons, la 2e édition du Forum des radiocommunications, organisée par l'Agence ivoirienne de gestion des fréquences (AIGF), a fermé ses portes, le samedi 26 septembre 2026. Au premier rang, des délégations venues d'Angola, du Maroc et des États-Unis, ces deux derniers pays à l'honneur, une vice-présidente du conseil de l'Agence spatiale africaine, des directeurs d'agences spatiales nationales, des universitaires et, en nombre, des étudiants. L'objectif de la 2e édition du Forum des radiocommunications était de faire en sorte que la Côte d'Ivoire mette tout en œuvre pour ne pas rater le train de la révolution spatiale.
Dr Tidiane Ouattara, directeur général de l'Agence spatiale de Côte d'Ivoire (ASCI) et président du conseil de l'Agence spatiale africaine (AfSA), a dressé le bilan de la 2e édition du Forum des radiocommunications. « Pour la première fois, nous avons parlé pendant trois jours d'affaires. Plus de 250 réunions bilatérales », a-t-il notifié. Dr Tidiane Ouattara lui-même en revendique près de 80 réunions, regroupées par tranches de quinze à trente minutes. Les stands d'industriels, les rendez-vous d'affaires et les panels ont pesé. Dr Tidiane Ouattara a aussi défendu des formats d’échanges qui ont eu lieu apour la jeunesse
Partenariat entre l’ASCI et l’AIGF
Dr Tidiane Ouattara a rendu un hommage à l'AIGF et à son directeur général, le Dr Yacouba Coulibaly. « Nous venons de donner l'exemple d'une communion parfaite entre les agences d'un pays », s'est félicité Dr Tidiane Ouattara. Car pour lui, satellites, spectre et réseaux terrestres relèvent désormais d'un même écosystème. Il en a tiré la maxime de la semaine. « Personne, aucune institution, aucun pays ne peut aborder l'espace seul. Nous sommes condamnés à collaborer ».
Pr Arsène Kobea, revenait l'allocution officielle de clôture. Physicien de formation, directeur de cabinet du ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Adama Diawara, il a aussi rappelé présider le conseil de gestion de l'Agence spatiale de Côte d'Ivoire. Il a replacé l'événement dans une stratégie d'État. La Côte d'Ivoire, a-t-il expliqué, a fait le choix de renforcer progressivement son écosystème spatial et l'ASCI en est la pièce maîtresse, au service de la développement Puis, de la formation recherche
Pr Arsène Kobea a posé la phrase qui résume la doctrine. « Notre ambition n'est pas simplement d'accéder à l'espace, mais d'acquérir des données, développer des applications et transformer les technologies spatiales en services à haute valeur ajoutée pour nos populations », a-t-il expliqué. Pour y parvenir, Arsène Kobea a désigné deux leviers. Le premier est académique. Universités, grandes écoles et centres de recherche doivent former aux métiers de l'observation de la terre, de la télédétection, des télécommunications, de la géomatique, de l'intelligence artificielle et du calcul intensif. Le second est industriel, et c'est là que son discours a pris le plus de relief. « Nos ambitions spatiales ne pourraient être durables sans une implication forte de l'industrie et du secteur privé national », a-t-il averti. Le spatial, a-t-il insisté, « représente une chaîne de valeur considérable qui dépasse largement la fabrication et le lancement de satellites » : traitement des données, géolocalisation, cartographie, agriculture de précision, gestion des ressources naturelles, énergie, urbanisme ou prévention des risques.
Il en a tiré une feuille de route en forme de chaîne de transformation. Les données spatiales doivent devenir des services, les résultats de la recherche des innovations, et les innovations des entreprises capables de créer des emplois et de la valeur. C'est le sens des hackathons organisés pendant ASPEX, dont l'Ivoire Space Hack du ministère. « L'Afrique ne manque ni d'idées, ni de créativité, ni de talents », a-t-il constaté devant les projets présentés. La responsabilité collective est désormais de les accompagner et, lorsque c'est possible, de les financer.
Pr Kobea a aussi rappelé la demande formulée par le ministre à l'ouverture : organiser des états généraux de l'espace en Côte d'Ivoire. Administrations, universités, secteur privé, partenaires techniques et financiers et jeunesse devront y définir ensemble les priorités d'une politique spatiale nationale « ambitieuse et cohérente ».
