
Onze jeunes entrepreneurs, accompagnés par le programme incubateur du Projet emploi jeunes et développement des compétences (PEJEDEC 3),ont présenté leurs projets à la délégation. Au programme, la découverte des activités, bilan de l'accompagnement et discussion sur leurs besoins en formation et en financement.
Pour Trina Haque, le PEJEDEC a fait ses preuves. « Le projet PEJEDEC est très important, car depuis 15 ans, il a produit de nombreux résultats auprès des jeunes entrepreneurs », a-t-elle affirmé. Elle voulait surtout entendre les bénéficiaires, comprendre ce qu'ils attendent comme soutien. Elle a salué leur dynamisme, leur sens de l'innovation et leur contribution à la création d'emplois.
Prenant la parole, Mamadou Touré a salué la collaboration entre la Banque mondiale et l'État ivoirien. « Cette visite de la Banque mondiale s'inscrit dans le cadre de son accompagnement de l'État de Côte d'Ivoire dans sa politique en faveur de la jeunesse », a-t-il déclaré. Selon lui, le PEJEDEC compte parmi les programmes les plus performants pour la jeunesse, y compris à l'échelle de l'Afrique subsaharienne, d'après les évaluations réalisées. Il a souligné que les entrepreneurs formés et soutenus depuis quinze ans apportent une vraie valeur ajoutée à l'économie, notamment dans la transformation des produits locaux et la semi-industrialisation. Ces secteurs comptent dans le Plan national de développement (PND). Le ministre veut maintenir l'élan. « Il faut continuer à les accompagner et mobiliser davantage de ressources pour investir dans leurs initiatives », a-t-il insisté. Il plaide aussi pour que les jeunes qui réussissent soient mieux mis en avant, afin d'inspirer les autres porteurs de projets.
Parmi les onze bénéficiaires, William Essoh dirige Agro-Ouest Industries, une entreprise qui transforme le manioc en attiéké et en produits dérivés. Son unité de production se trouve à Samo, dans la localité de Bonoua. Il a notamment présenté son attiéké déshydraté. Il a été retenu parmi plus de 200 candidats. Le programme lui a ouvert l'accès à un financement de 5 525 000 FCFA. « Grâce à cette formation, nous avons bénéficié d'un financement de 5 525 000 FCFA, qui m'a permis d'acquérir du matériel de qualité et d'améliorer nos conditions de production », raconte-t-il. Les résultats sont concrets. Sa production hebdomadaire est passée d'une tonne et demie à trois tonnes. Il vise désormais 18 tonnes par semaine, pour faire grimper son chiffre d'affaires. Pendant dix mois, il a aussi bénéficié d'un suivi technique, avec l'appui du Conseil régional du Sud-Comoé et des acteurs du PEJEDEC. Ce suivi lui a permis de remettre son unité aux normes. « Nos installations ne répondaient pas auparavant à toutes les exigences techniques et sanitaires. Grâce à cet accompagnement, nous avons pu améliorer nos équipements et mettre notre unité en conformité avec les normes requises », a-t-il précisé. Il a remercié le Conseil régional du Sud-Comoé, le PEJEDEC et tous ceux qui ont contribué à son parcours.
Au terme de cette visite, la Banque mondiale et le ministère de la Jeunesse ont pu mesurer sur le terrain ce que le programme a changé pour ces jeunes et ce qu'il leur reste à accomplir.